La vidéo du jour : Une page importante se tourne en matière de régulation bancaire

Philippe Mudry

Ce n’est pas l’accord qu’espéraient les banques européennes, et surtout françaises.

Mais il a un avantage : mettre un terme à un pan de la régulation prudentielle et permettre aux acteurs d’affronter un autre défi majeur, la mutation numérique.

Aujourd’hui doit donc être bouclé le processus dit de «Bâle 3», qui définit les règles prudentielles internationales que les banques devront appliquer.

Règles de solvabilité, leur permettant de faire face aux pertes, quelle que soit leur ampleur ; règles de liquidité, les mettant à l’abri des coups de gel des marchés qui faillirent tout emporter lors de la crise.

L’Europe a bataillé contre cet accord. Son économie dépendant plus des financements bancaires que l’américaine, financée par les marchés, ses banques avaient plus à perdre d’un accord.

Conscientes de ce handicap concurrentiel, les françaises ont été les plus pugnaces.

L’accord va de fait modifier la manière dont elles devront évaluer leurs risques et les garantir avec du capital.

Même si le compromis final, longuement négocié, est moins pénalisant que redouté et étale la charge sur dix ans, le surcoût en capital prévisible d’ici là se chiffre pour les européens en dizaines de milliards d’euros.

Comme la chèvre de Mr Séguin, la France a dû céder à la loi du plus fort faute d’alliés.

Ceux-ci ont accepté un accord insatisfaisant mais supportable pour tourner la page et se concentrer sur la mutation numérique de l’heure.

«Big bang» des paiements avec DSP2, protection des données personnelles avec GDPR : d’autres vagues de régulation européenne se cachent derrière ces sigles et les banques doivent s’y préparer.

Pour changer d’objet, la régulation restera pour longtemps leur horizon.

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