La vidéo du jour : la banque américaine entame un nouveau cycle de consolidation
Entre les banques américaines et européennes, le contraste est de plus en plus saisissant. Un exemple : la consolidation du secteur, dont on parle beaucoup sur le Vieux Continent, mais qui ne devient réalité qu’en traversant l’Atlantique. Jeudi, la banque régionale BB&T, basée à Winston Salem, en Caroline du Nord, a annoncé le rachat amical de sa concurrente SunTrust. Ensemble, les deux groupes pèsent 66 milliards de dollars en Bourse – à titre de comparaison, c’est plus qu’un BNP Paribas. Avec un bilan de 442 milliards de dollars, le nouvel ensemble pointera au sixième rang des banques de détail aux Etats-Unis, avec une présence dans tout l’est du pays.
Les deux groupes signent ainsi le mariage le plus ambitieux dans le secteur bancaire américain depuis la vague de fusions contraintes et forcées que la crise financière avait provoquée il y a dix ans. Ce retour des grandes manœuvres signale un changement de cycle. Le ralentissement de l’économie américaine et la nécessité d’investir toujours plus dans la technologie militent en faveur d’une consolidation des banques régionales. En promettant 1,6 milliard de dollars d’économies, soit un huitième de leur base de coûts, BB&T et SunTrust reconnaissent d’ailleurs l’ampleur de la transformation à effectuer dans leurs réseaux d’agences.
Mais ce mariage a été largement facilité par l’approche très conciliante des régulateurs. En relâchant les contraintes qui s’appliquent aux acteurs de taille moyenne, l’administration Trump a préparé le terrain à une nouvelle vague de fusions. L’annonce de BB&T et SunTrust devrait donner le coup d’envoi à d’autres rapprochements de ce type. Le mouvement servira indirectement les intérêts des très grands acteurs : on se souvient que Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, s’était plaint il y a deux ans du nombre trop élevé de banques sur son marché domestique. Un marché où les marges sont pourtant déjà confortables et où les concurrents étrangers ont toutes les peines du monde à se faire une place.
Pendant ce temps, les banques européennes voient leur modèle économique s’étioler sans pouvoir espérer de salut dans la consolidation du secteur. Les dirigeants de la Société Générale, de BNP Paribas ou d’UniCredit l’ont encore répété ces derniers jours : les règles qui pèsent sur les établissements de taille systémique et sur la gestion de la liquidité bancaire interdisent tout mariage d’envergure à l’échelle du continent.
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