La vidéo du jour : Dans le dur du Brexit
Deux ans après le vote britannique en faveur d’une sortie de l’Union européenne, on n’y voit guère plus clair sur les contours du Brexit. Le sommet européen qui s’ouvre ce jeudi à Bruxelles devrait donner l’occasion aux partenaires du Royaume-Uni d’exprimer leur impatience. En deux ans, en effet, le gouvernement de Theresa May a surtout passé son temps à dialoguer avec sa majorité, sans trouver de solutions viables à des sujets aussi cruciaux que la place de l’Irlande du Nord. L’incertitude est aujourd’hui telle que, selon le Financial Times, la locataire de Downing Street serait tentée de laisser l’industrie britannique dans le marché unique, mais d’en exclure les services, et notamment le secteur financier, afin de trouver un accord avec les négociateurs européens.
L’hypothèse d’un Brexit dur le 29 mars 2019 suscite en effet l’inquiétude croissante des entreprises. Airbus, qui emploie 15.000 personnes outre-Manche, a menacé de quitter le pays sans accord sur le volet commercial du Brexit. Pour l’industrie financière et ses clients, les risques d’une sortie abrupte sans période de transition sont encore plus lourds. Dix millions de Britanniques et 38 millions d’Européens pourraient ainsi perdre après le 29 mars le bénéfice des polices d’assurances qu’ils ont souscrites auprès de compagnies domiciliées de part et d’autre de la Manche. La même menace plane sur les contrats dérivés qui permettent par exemple aux entreprises de se couvrir contre les variations des taux d’intérêt et de change. Selon un pointage publié mercredi par la Banque d’Angleterre, ces contrats de gré à gré et sous la menace d’un Brexit dur atteignent la somme astronomique de 29.000 milliards de livres.
La réponse à ces sujets ô combien techniques est à trouver du côté des régulateurs et superviseurs. Or, à ce niveau-là aussi, la qualité du dialogue ne prête pas à l’optimisme. Ces derniers jours, la Banque d’Angleterre et l’Autorité bancaire européenne s’accusent mutuellement de ne pas en faire assez pour que le secteur financier soit prêt le jour du grand saut dans le vide. A neuf mois de l’échéance, il serait grand temps que Londres et ses partenaires donnent aux entreprises une feuille de route claire.
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