Alexandre Pieyre (EDF Invest) : Dans le non coté, «on peut influencer de manière notable la gestion des entreprises»
«Quand on est investisseur, minoritaire certes, c’est notre cas, mais avec un pourcentage significatif du capital - 20, 30, 40 % - on peut influencer de façon notable la gestion des entreprises», a souligné Alexandre Pieyre en évoquant le rôle concret d’EDF Invest dans l’évolution de la stratégie ESG de ses participations non cotées. Englobant les infrastructures et l’immobilier - dans lesquels EDF Invest investit en direct – ainsi que le private equity pour lequel l’entité investit à travers des fonds, les actifs non cotés représentent environ 25 % des 35 milliards d’euros d’encours globaux déjà investis par l’énergéticien. «À terme, cette part devrait représenter un tiers», a précisé le directeur d’EDF Invest.
Stratégie ESG
Détaillant le processus d’intégration des enjeux ESG dans la stratégie de l’entité, Alexandre Pieyre a insisté sur la volonté de ne pas sélectionner uniquement les actifs et fonds «déjà verts», mais d’investir aussi dans des actifs affichant «une trajectoire crédible et identifiée» de réduction des émissions carbone. En 2023, EDF Invest a établi un bilan carbone de toutes ses participations. L’enjeu est maintenant de les diminuer et pour cela l’investisseur a mis en place des incitations. «Nous incluons dans la rémunération variable des managements de nos entreprises en participations des éléments ESG. Cela peut aller jusqu’à 40 % pour l’objectif net zero.» Le «S» d’ESG se traduit par une exigence renforcée de l’investisseur sur les enjeux de sécurité – «c’est dans la culture EDF» et le «G» par des critères en termes de parité et d’indépendance des membres au sein des conseils d’administration.
Freins
En dépit de ces bonnes pratiques, Alexandre Pieyre a relevé plusieurs freins à lever pour accélérer dans le déploiement de sa stratégie ESG. À commencer par les divergences entre actionnaires. «En 2020, nous avions milité pour qu’une entreprise dans laquelle nous sommes investis se fixe un objectif de réduction de ses émissions carbone en scope 1, 2 et 3. Un autre actionnaire de l’entreprise, nord-américain, nous a regardés avec des yeux ébahis et ça ne s’est pas fait.» L’investisseur a également pointé l’hétérogénéité, voire le manque de données sur lesquelles s’appuyer pour définir sa stratégie. «Malheureusement, nous avons parfois recours à des proxies…» Un constat particulièrement fréquent lorsqu’il s’agit d’estimer les émissions carbone indirectes (scope 3).
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