Rémunération des dirigeants et performances financières ne sont pas corrélées
Nouveaux records de rémunérations en 2017 pour les dirigeants du SBF 120, selon le rapport annuel de Proxinvest. La rémunération totale moyenne des patrons du SBF 120 a progressé de 10% l’an dernier à 3,8 millions d’euros, et de 14% dans le CAC 40 à 5,1 millions d’euros, dépassant pour la première fois le maximum socialement acceptable de 240 Smic (4,9 millions) fixé par l’agence de conseil en vote. Alors que l’inflation s’est limitée à 1%, le fixe a augmenté de 3%, le variable annuel de 6% (+65% depuis 2008) et les actions gratuites de performance de 6% dans le SBF 120. Le montant de ces dernières dans le CAC 40 a même bondi de 65% Toutefois, Proxinvest s’étonne qu’un tiers des patrons du SBF 120 n’aient pas de rémunération de long terme.
Pour Proxinvest, l’ampleur de la hausse dans le CAC 40 n’est pas justifiée. La rémunération des patrons a progressé de 22% sur 2014-2017, contre +11% pour celle de leurs salariés. Aussi, «l’import en France du ‘ratio d’équité’ est nécessaire pour la transparence, la responsabilisation des administrateurs et actionnaires, et l’essor d’un nouveau référentiel interne à l’entreprise», martèle le proxy.
En haut du podium figure Bernard Charlès (Dassault Systèmes) avec 24,6 millions d’euros en raison de la «très généreuse» attribution d’actions. Suivent Gilles Gobin (Rubis) avec 21,1 millions d’euros, dont 18,7 millions de dividende d’associé commandité ; Carlos Ghosn (Renault) avec 13 millions d’euros, dont 5,6 millions chez Nissan et des objectifs de bonus «peu exigeants» ; Paul Cesar Salles Vasques (Teleperformance) avec 12,2 millions d’euros ; et Douglas Pferdehirt (TechnipFMC) avec 10,6 millions d’euros, dont des actions gratuites sans condition de performance.
Pour la première fois, Proxinvest s’est interrogé sur le lien entre performance financière – indicateurs financiers + performance boursière (cours + dividende) – et rémunération… et n’a trouvé aucune corrélation ! En effet, 62% des sociétés ayant des performances inférieures à la médiane ont vu la rémunération de leur dirigeant augmenter (dont Technicolor), tandis que 14% des sociétés ayant des performances supérieures à la médiane ont vu la rémunération de leur dirigeant diminuer (dont Biomérieux).
Enfin, Proxinvest demande que le code Afep-Medef limite les indemnités de départ à un an de rémunération, et intègre la notion de prorata temporis dans les rémunérations variables attribuées lors des départs.
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