Skyrock et Lyf Pay veulent monétiser l’audience avec l’application Yax
Un auditeur a déjà dit à un autre ‘Yaxe-moi 10 balles’», confie à L’Agefi Pierre Bellanger, fondateur et directeur général de Skyrock, pour expliquer le lancement de Yax, une application de paiement mobile initiée avec la fintech Lyf Pay. A la manière des Lydia et Paylib, Yax permet d’envoyer et de demander de l’argent à un contact, de créer une cagnotte ou encore de participer à des achats groupés.
«C’est le mariage entre l’audience et la confiance», explique Frédéric Leclef, directeur général délégué de Lyf Pay. La fintech assure la gestion de la transaction sur le plan fonctionnel et règlementaire tandis que Skyrock aura la responsabilité de négocier des offres auprès des distributeurs.
Yax misera principalement sur les achats groupés de biens à prix cassé, dont la radio fera la publicité, qui permettront de «mutualiser» le pouvoir d’achat des internautes et des auditeurs. «L’achat groupé permet une réduction de prix, c’est une amplification de pouvoir d’achat. Pour un distributeur, l’achat groupé accélère les ventes et génère du trafic en magasin», précise le patron de Skyrock, qui s’inspire des applications de paiements chinois telles que WeChat et Alipay.
Les deux acteurs tablent sur une offre Yax par semaine, soit 52 offres par an. Pour accéder aux achats groupés, il faudra être auditeur de Skyrock et utilisateur de Lyf Pay. Lyf Pay revendique 1,5 million d’utilisateurs et Skyrock mise notamment sur sa communauté de 3,4 millions d’utilisateurs. A horizon 2024, les deux acteurs ambitionnent de conquérir 400.000 utilisateurs du service pour un montant de 150.000 ventes à horizon 2024, qui génèrent 50 millions chiffre d’affaires par an portés par les distributeurs.
Commission sur chaque vente
Le modèle économique de Yax sera basé sur une commission générée sur chacune des ventes, et partagée entre Skyrock et Lyf Pay. Les négociations auront lieu plus tard avec les distributeurs. «Il est difficile à ce stade d’avoir une idée précise des revenus futurs, c’est pour cela que l’on se focalise sur le volume d’affaires généré. On verra à quel montant on aboutit en chiffre d’affaires pour chacune des parties d’ici 2024», explique le patron de la fintech.
«Nous sommes sur une base de coûts très mesurée. Nos deux applications existent déjà et sont liées dans le mobile. Le modèle économique est léger car il repose sur des actifs existants : à l’horizon de 2024, la rentabilité sera rapidement atteinte», ajoute le patron de Skyrock.
Cette application mobile permettra par ailleurs aux enseignes de développer leur connaissance sur un segment de clientèle, les jeunes de moins de 25 ans, qui n’est pas «évident à atteindre», estime le patron de la fintech. Pour Lyf Pay, ce partenariat s’inscrit dans une logique de développement du paiement mobile «augmenté». En 2021, la fintech compte enrichir son offre afin de fluidifier la phase de paiement. Elle compte aussi améliorer son service client en simplifiant les parcours d’achat. «Nous ne pensons pas, à ce stade, développer un autre partenariat, mais on ne se prive de rien pour le futur», admet son patron.
Lyf Pay revendique une quarantaine d’enseignes nationales partenaires (Casino, Auchan…), plus de 40 partenaires technologiques ainsi que 30.000 professionnels et commerçants indépendants. Depuis son lancement en 2017, elle ne communique pas sur ces résultats financiers. La fintech compte à son capital BNP Paribas, Crédit Mutuel, Auchan, le groupe Casino, Mastercard et Oney.
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