Depuis début 2020, Google, Apple, Facebook et Microsoft ont dépensé 175 milliards de dollars pour racheter leurs actions. Tout le marché en profite.
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Olivier Pinaud
La pandémie a permis aux Gafam d’accroître leur puissance financière.
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C’est un signe supplémentaire de leur puissance financière. Apple et Google vont ouvrir en grand les vannes des rachats d’actions. Le fabricant de l’iPhone a profité de la publication le 28 avril de ses résultats du premier trimestre 2021 pour annoncer qu’il prévoit d’augmenter de 90 milliards de dollars son programme de rachats d’actions.
Ce programme avait pourtant été augmenté en avril 2019 de 75 milliards, puis de 50 milliards supplémentaires l’année suivante pour monter à un total de 225 milliards. Mais sur cette somme autorisée, Apple n’avait déjà plus que 10 milliards disponibles. Le groupe dirigé par Tim Cook a annoncé dans le même temps une augmentation de 7% de son dividende trimestriel.
Alphabet, la maison mère de Google, a également annoncé en milieu de semaine être prête à ajouter 50 milliards de dollars au sien. Le groupe l’avait pourtant déjà augmenté de 28 milliards en juillet 2020, sur lesquels il ne restait que 6 milliards disponibles.
Amazon à l'écart
Facebook n’est pas en reste. Le groupe de Mark Zuckerberg avait pris les devants en augmentant son programme de 25 milliards de dollars en janvier dernier, sachant qu’il n’avait plus que 8,6 milliards de dollars disponibles fin 2020 pour procéder à des rachats d’actions. Autre membre des Gafam, Microsoft est un peu moins dispendieux. Le groupe se contentera de puiser dans son plan actuel de 40 milliards de dollars, lancé en février 2020, et sur lequel il lui reste encore 15 milliards à dépenser. Ce qui, à son rythme actuel, entre 6 et 7 milliards par trimestre, lui laisse assez peu de réserves.
Des cinq Gafam, Amazon est le seul à se distinguer : s’il dispose d’un programme de rachats de 5 milliards de dollars, le groupe de Jeff Bezos ne l’a jamais utilisé.
Ces chiffres confirment que la pandémie de Covid-19 a permis de renforcer la puissance financière des Gafam. Outre un modèle économique ultra-bénéficiaire, la crise a généré des économies inattendues. Alphabet a expliqué lors de la présentation de ses résultats en milieu de semaine que le télétravail et la baisse des frais professionnels lui avaient permis d’économiser environ un milliard de dollars en une année.
En 2020, selon les chiffres compilés par L’Agefi, Google, Apple, Facebook et Microsoft ont dépensé 135 milliards de dollars en rachats d’actions, soit l’équivalent d’un tiers du capital de LVMH, la première capitalisation de la Bourse de Paris. A cela s’ajoutent déjà 40 milliards de dollars au premier trimestre 2021, ce qui fait 175 milliards depuis janvier 2020. En 2019, ils avaient dépensé 120 milliards de dollars.
Pertinent ?
Racheter autant d’actions au moment où les cours de Bourse évoluent à leurs plus hauts historiques interroge sur la pertinence financière de l’opération pour ces entreprises. Même si certains Gafam, comme Apple, s’endettent à un coût extrêmement faible pour financer une partie de l’opération, et qu’à la différence des dividendes, les rachats d’actions évitent en grande partie la fiscalité.
Il est aussi possible de s’interroger sur la pertinence économique de telles dépenses. Celles-ci sont aussi la preuve que les Gafam ne savent pas comment utiliser une montagne de trésorerie qui ne cesse d’augmenter de trimestre en trimestre sous l’effet de leur génération de cash-flow, malgré leurs investissements. Fin mars, Google, Apple, Facebook et Microsoft disposaient en cumulé de 395 milliards de dollars de cash. En ajoutant Amazon, la somme atteint 480 milliards.
Tout bonus pour les marchés
En revanche, vu l’ampleur des moyens déployés, l’effet sur le cours de Bourse est indéniable. D’une part, ces rachats créent un courant acheteur sur le marché. Ils gonflent aussi mécaniquement le bénéfice par action de ces entreprises, les titres acquis ayant vocation à être annulés. Entre fin 2018 et fin 2020, le nombre d’actions Apple en circulation est par exemple passé de 19 milliards à 16,9 milliards, soit une contraction de 11%.
Avec de telles sommes, c’est tout le marché qui en profite. Quitte à accroître la prépondérance des Gafam en Bourse. Fin 2019, les rachats d’actions des Gafam représentaient environ 18% du total des rachats d’actions menés par les groupes de l’indice S&P 500. Un an plus tard, la proportion est montée à 31%.
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