Rothschild règne sur le M&A français malgré une année en demi-teinte
Absente des principaux deals de 2019, la banque a su empiler les opérations.
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Florent Le Quintrec
Pour la cinquième année consécutive, la banque de l’avenue de Messine domine le classement 2019 des conseils en fusions-acquisitions.
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Bloomberg.
Cent-dix opérations bouclées en 2019 pour le premier, contre dix-huit pour le deuxième. C’est dire si Rothschild a davantage misé sur son volume d’activité que sur les grandes transactions pour dominer, pour la cinquième année consécutive, le classement exclusif de L’Agefi des conseils en fusions-acquisitions pour les opérations bouclées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2019. Alors qu’il affichait plus de 20 milliards d’euros d’avance sur ses poursuivants en 2018, l’écart s’est réduit à un peu plus de 2 milliards l’an passé. Sur ses quelque 30 milliards de deals bouclés, la banque de l’avenue de Messine s’est surtout illustrée par sa proximité avec les fonds d’investissement. Elle a ainsi accompagné BC Partners dans sa cession d’Antelliq à Merck pour plus de 3 milliards d’euros, GBL sur l’acquisition Webhelp pour près de 2,5 milliards, ou encore PAI sur l’acquisition d’Areas auprès d’Edenred pour plus de 1,5 milliard.
A l’inverse, Goldman Sachs, deuxième du classement avec 27,9 milliards cumulés, est intervenu sur la plupart des grandes opérations de l’année, notamment sur les transactions franco-américaines, à l’image du rachat de Medidata par Dassault Systèmes pour 5,2 milliards d’euros, côté acheteur, et de l’offre de LVMH sur Belmond pour 2,8 milliards, côté vendeur. Au coude à coude, Lazard complète le podium 2019 avec 27,5 milliards d’activité M&A, grâce notamment à son rôle auprès de Thales dans l’acquisition de Gemalto pour 5,6 milliards d’euros.
L’activité soutenue des entreprises françaises outre-Atlantique a essentiellement profité aux banques américaines, Morgan Stanley et JPMorgan se classant quatrième et cinquième. Première banque commerciale française, BNP Paribas quitte le tiercé gagnant pour prendre la sixième place du classement, malgré sa présence sur de grandes opérations telles que l’acquisition d’Epsilon par Publicis (3,9 milliards) ou le rachat de Sotheby’s par Patrick Drahi (3,3 milliards).
Sur un marché européen du M&A en baisse de près de 20% par rapport à 2018, la France s’est montrée particulièrement résiliente (+10%), avec 160 milliards d’euros d’opérations selon les chiffres de Dealogic à mi-décembre. Les grandes annonces de fin novembre, à savoir l’offre de rachat de Tiffany & Co par LVMH (14,7 milliards) et la méga fusion entre PSA et Fiat Chrysler, ont permis de rester dans le vert, en termes d’opérations annoncées.
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