Les valorisations du private equity résistent à la baisse des volumes de M&A
Les valorisations sur le segment du private equity midmarket européen repartent à la hausse. Après avoir marqué une pause au quatrième trimestre 2017, les prix mesurés par l’indice Argos Mid-Market sur les opérations comprises entre 150 et 500 millions d’euros ont retrouvé leur plus haut de l’an dernier au premier trimestre 2018, à 9,5 fois l’Ebitda. Une fois n’est pas coutume, ce sont les opérations menées par les fonds d’investissements qui ont tiré la tendance, avec des prix moyens en augmentation de 9,2 à 10 à fois l’Ebitda, dans un contexte pourtant marqué par une baisse de l’activité globale de fusions-acquisitions (M&A) en zone euro.
Acquéreurs industriels plus prudents
Selon Karel Kroupa, associé chez Argos Soditic, plusieurs facteurs entrent en compte pour expliquer la hausse des multiples, alors même que l’activité de M&A a diminué de 16% en volume. A commencer par la collecte record de 453 milliards de dollars des fonds de private equity comptabilisée en 2017 par Preqin, qui pointait en outre en début d’année que près de 3.500 fonds étaient sur le marché, soit deux fois et demi les closings constatés sur un an. «Les importantes levées des fonds ne sont pas les seules à être en cause, car les perspectives économiques demeurent favorables, tout comme les disponibilités de liquidités en termes d’effet de levier, explique Karel Kroupa, il n’est pas rare de voir des financements représentant 4 à 5 fois l’Ebitda, voire 6 fois si la société offre un bon historique de performances.»
Si les planètes sont alignées pour que la dynamique se poursuive à court terme, beaucoup redoutent que la mécanique ne s’essouffle à moyen terme du fait du renchérissement des actifs. Face à l’envolée des valorisations, les fonds sont ainsi de plus en plus sélectifs, afin de s’assurer que leurs actifs seront suffisamment robustes pour traverser un ralentissement économique dans les prochaines années. «On commence à voir des acquéreurs industriels qui ne donnent pas suite aux processus de vente, ce qui est embêtant pour les fonds car cela pourrait réduire les opportunités de sortie pour créer de la valeur», ajoute Karel Kroupa. Après avoir chuté de 10,6 fois à 9,1 fois l’Ebitda au dernier trimestre 2017, les prix payés par les industriels ont rebondi à seulement 9,2 fois l’Ebitda.
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