Le cabinet d’avocats d’affaires DLA Piper affiche ses ambitions à Paris
Dans la course au gigantisme des cabinets d’avocats d’affaires, DLA Piper a franchi une étape à Paris. Après avoir absorbé en octobre dernier le cabinet Frieh Bouhénic (9 associés et 14 collaborateurs), il revendique 100 avocats en France, dont 33 associés. Soit une taille encore très éloignée de sa dimension globale. Né en 2005 d’une alliance américano-britannique, DLA Piper est aujourd’hui numéro un mondial par le nombre d’avocats (4.200) devant Baker & McKenzie et Allen & Overy, et numéro deux par le chiffre d’affaires (environ 2,5 milliards de dollars en 2012).
En France, «DLA Piper n’est pas un nom dont vous avez dû entendre énormément parler ces dernières années», concède Michel Frieh, nouveau coresponsable du bureau parisien. Avant la fusion, DLA Piper était le 38e cabinet d’avocats d’affaires français, avec un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros en 2011 selon la revue Juristes et Associés.
Spécialisé notamment dans le droit social avec Bijan Eghbal, l’autre coresponsable parisien, et dans la propriété intellectuelle et les technologies grâce à Stéphane Lemarchand, le cabinet s’est renforcé dans le conseil M&A auprès des fonds de capital-investissement avec Michel Frieh et dans les restructurations avec Pierre-Alain Bouhénic. Tous deux avaient fondé leur propre boutique en 2007. Ils recherchent aujourd’hui les synergies d’un grand réseau à défaut d’avoir, comme certains concurrents, une forte proximité avec les banques d’affaires.
«DLA Piper veut devenir un acteur de place qui compte et qui attire les meilleurs spécialistes», assure Pierre-Alain Bouhénic. Le cabinet parisien compte par exemple se lancer dans le conseil en financement de projets et travailler pour les opérateurs télécoms et énergétiques en Afrique francophone, sans pour autant ouvrir de bureau sur place. DLA Piper veut aussi se renforcer dans le secteur financier, où l’un de ses trois associés est intervenu l’an dernier sur la titrisation de RCI Banque (Renault).
«Nous voulons maintenir l’agilité du cabinet, à l’image de celle de Baker & McKenzie ou Hogan Lovells, tout en ayant pour ambition d’égaler Clifford Chance et Allen Overy à Paris», explique Stéphane Lemarchand. Face à la crise économique et à la consolidation des cabinets, Bijan Eghbal affiche des ambitions mesurées pour l’effectif parisien : «peut-être 150 avocats, d’ici à cinq ans».
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