En Europe, les ETF actifs suivent largement leur indice
On en parle beaucoup. Trois régulateurs européens leur ont même dédié un cadre plus flexible pour différer la communication autour de la composition de leur portefeuille sous-jacent. Mais que valent réellement les ETF (exchange traded funds) gérés activement ? L’étude de Morningstar sortie ce 2 octobre, propose une nouvelle approche de l’analyse de ce marché.
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En s’appuyant sur de Large Language Models (LLM), elle classe ces produits selon une typologie allant de «discrétionnaire» à «systématique», pour offrir une comparaison plus claire aux investisseurs quant aux propositions d’alpha (surperformance) visée par leurs fournisseurs.
Risque actif faible
En analysant les documents et prospectus des fonds, chaque ETF reçoit un score quantitatif qui reflète le degré de rigueur du processus, qu’il soit basé sur des règles ou piloté par des gérants. «Nos données révèlent que la plupart des ETF actifs sont ‘discrétionnaires’, s’appuyant sur des stratégies fondamentales, tandis que les fonds utilisant une approche systématique sont moins nombreux, commente Mara Dobrescu, directrice principale des notations de stratégies obligataires chez Morningstar. Le risque actif reste faible, les ETF affichant généralement des tracking errors inférieures à 5% pour les fonds actions et inférieures à 1% pour les fonds obligataires, ce qui reflète l’accent mis sur des composants de portefeuille efficaces et à faible tracking error.»
JPMorgan, le principal fournisseur d’ETF gérés activement avec 69% des parts de marché en Europe, opte pour une approche discrétionnaire, «mais respectueuse de l’indice de référence», nuance Morningstar. Ses stratégies phares, Research Enhanced Index (REI) intègrent des analyses fondamentales de ses équipes d’analystes mais visent un objectif d'écart de suivi avec leur benchmark de 0,75% à 1,25%. Les stratégies de Fidelity et de Pimco s’inscrivent dans la mouvance du style discrétionnaire, selon le spécialiste, tandis qu’iShares et Invesco privilégient l’approche systématique pour les stratégies actions et l’approche discrétionnaire pour les stratégies obligataires. HSBC, qui a lancé une gamme de stratégies actions systématiques en 2025, insiste sur ce point en mettant l’accent sur le terme «quant» dans les noms des ETF, rappelle l’étude.
Ark, l’exception
La plupart des nouveaux produits ETF actifs investis en actions lancés sont des fonds discrétionnaires et systématiques présentant un risque actif limité, appuie le spécialiste comme Avantis, HSBC, Robeco et Goldman Sachs. Seuls trois ETF thématiques d’ARK – Intelligence Artificielle et Robotique, Innovation et Révolution Génomique – demeurent des exceptions.
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Leurs portefeuilles concentrés génèrent des écarts de suivi (tracking error) nettement plus élevés par rapport à leurs indices de catégorie Morningstar respectifs, comparativement à la plupart des autres ETF actions actifs. L’un des graphiques indique sur un an à fin août 2025, une tracking error variant de 20 % à 40% selon les stratégies.
L’obligataire peu cher
Quant aux ETF obligataires, leurs fournisseurs se sont fortement concentrés sur la mise au point de stratégies innovantes autour des titrisations telles que les collateralized loans obligations (CLO) et les residential mortgage-backed securities (MBS), tout en diversifiant l'éventail des obligations d’entreprises, de titres à haut rendement et de dette des marchés émergents. Un point en commun entre eux, qu’ils retiennent une approche discrétionnaire ou systématique, leur budget de risque restant relativement restreint. Selon le rapport, «la plupart d’entre eux affichent une erreur de suivi inférieure à 1% (par rapport à leur indice Morningstar) sur l’année écoulée jusqu’en août 2025. Ce niveau de risque actif tend à coïncider avec des frais modestes, compris entre 0,15% et 0,35% par an».
Pour mémoire, si le marché européen des ETF actifs a doublé de taille au cours des deux dernières années, il représente toujours moins de 3% du total des encours des fonds listés en Europe, avec 62,4 milliards d’euros sous gestion comptabilisés en août 2025.
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