BlackRock s’attaque à son tour à la thématique de la défense européenne
Les gérants d’actifs ne font pas de politique. C’est en tout cas ce que laisse sous-entendre l’empressement d’asset managers américains à lancer des fonds cotés en Bourse (ETF) spécifiquement dédiés au financement de la défense européenne, trois mois seulement après la remise en question par Donald Trump du soutien militaire qui lie les deux rives de l’Atlantique. Après les Américains WisdomTree et Global X, c’est au tour du géant BlackRock de se positionner sur ce segment de marché, également couvert par deux Français (Amundi et BNP Paribas Asset Management).
Gestion passive
L’iShares Europe Defence UCITS ETF est coté ce mercredi 28 mai sur Euronext Amsterdam et sur Xetra à Francfort. Alors que la firme de Larry Fink vient de lancer, aux Etats-Unis, un ETF actif sur le thème de la défense, le véhicule européen est, lui, passif. « Nous avons étroitement travaillé avec Stoxx pour concevoir un indice thématique et non pas sectoriel, précise à L’Agefi Arnaud Gihan, responsable de iShares & Wealth pour la France, la Belgique, le Luxembourg et Monaco chez BlackRock. Nous nous appuyons sur la technologie de Stoxx qui permet de décomposer de manière très précise le chiffre d’affaires des entreprises par activité. » En partant de l’univers des valeurs du Stoxx Europe, l’indice retient prioritairement (pour minimum 65 % du portefeuille) celles qui tirent plus de 50 % de leurs revenus des équipements militaires, ce qui conduit par exemple à surpondérer Dassault Aviation. Si on intègre les exclusions des armes controversées et les filtres de liquidité, on aboutit à une liste de 20 à 30 titres. Insuffisant pour proposer de la gestion active.
Frais de 35 points de base
La base d’investisseurs visée par ce nouvel ETF est très large. « La demande s’est renforcée sur tous les segments de clientèle, qu’il s’agisse des institutionnels, de la gestion patrimoniale et du retail, indique Arnaud Gihan. La thématique – et plus largement les actifs européens dans leur ensemble – intéresse aussi des investisseurs non européens, asiatiques et latino-américains par exemple. » Les frais de gestion ont été fixés à 35 points de base, en cohérence avec les prix affichés par les ETF concurrents, si on exclut celui de BNPP AM qui bénéficie d’une remise de 50 % la première année. Reste à savoir si la nationalité du gérant comptera pour les investisseurs au moment d’apporter des financements à l’effort militaire européen. WisdomTree avait collecté lui près d’un milliard un mois à peine après le lancement de son ETF, le premier du genre.
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