Neuf d’un coup. Le nouveau fonds souverain japonais, Japan Investment Corporation (JIC), lancé cet été, se retrouve déjà confronté à sa première crise. En raison de divergences de vue avec le gouvernement, le patron du fonds, Masaaki Tanaka, et huit autres membres du directoire du fonds, ont présenté leur démission, rapporte le Handelsblatt. A côté du GPIF (Government Pension Investment Fund), le nouveau fonds étatique devait investir dans les secteurs d’avenir et soutenir la compétitivité de l’industrie japonaise. Mais Masaaki Tanaka n’aura pas réussi à s’imposer face à la lutte d’influence engagée par le Meti, le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie. Le Meti a mené une guerre d’usure contre le patron du nouveau fonds, bien évidemment dénigré, car le ministère souhaitait avoir une influence significative, pour ne pas dire dominante, dans toutes les décisions d’investissement du fonds. « Le très faible niveau de notre pouvoir de décision est ridicule lorsqu’on sait que l’argent vient de chez nous », a ainsi indiqué un représentant du gouvernement au quotidien économique Nikkei. Le Meti a du coup demandé au ministère des finances de geler les fonds dédiés au JIC. Masaaki Tanaka a dans un premier temps résisté mais la pression était manifestement trop forte… Reste à savoir si le JIC va survivre à cet épisode. Le ministre de l’économie, Horohige Seko, a indiqué vouloir mettre en place un bureau de liaison pour le JIC qui sera chargé de recruter une nouvelle direction qui pourrait être installée au printemps 2019. Un comité consultatif indépendant devrait par ailleurs faire des propositions de travail au bureau de liaison du JIC. Erick Jarjat