La banque française BNP Paribas, ainsi que Citi et UBS, ne pourront plus traiter des lires turques avec les prêteurs locaux, rapporte jeudi Bloomberg en citant une décision du gendarme bancaire du pays. Avant cette décision, les médias publics avaient pris pour cible, sans les nommer, des institutions financières basées à Londres qu’elles accusaient de spéculer contre la devise turque.
Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a déclaré jeudi que l’institution devait rendre compte aux institutions et aux tribunaux de l’Union européenne, plutôt que répondre aux lois nationales. Il réagissait ainsi à la décision de justice allemande sur le programme d’achat d’obligations de la BCE.
La banque centrale de Norvège a annoncé jeudi une baisse surprise de son taux directeur à 0%, un niveau sans précédent, pour tenter d’amortir le choc économique provoqué par la crise du coronavirus et la chute des cours du pétrole. La plupart des économistes s’attendaient une politique monétaire inchangée. Il s’agit de la troisième diminution en moins de deux mois pour ce taux directeur qui était encore à 1,5% début mars.
La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi tout en se disant prête à augmenter son soutien à l'économie britannique, confrontée à l’une de ses pires crises en raison du confinement lié à l'épidémie de coronavirus. La banque centrale fait en effet l’hypothèse d’une chute de 14% du PIB du Royaume-Uni en 2020 - avec une contraction de 25% pour le deuxième trimestre, suivie d’un rebond de 15% en 2021, sous réserve d’un soutien monétaire et budgétaire très important, souligne-t-elle.
Les exportations chinoises ont progressé en avril pour la première fois de l’année, de 3,5% en rythme annuel, contre toute attente malgré la crise sanitaire liée au coronavirus qui a pesé sur la demande et perturbé les chaînes d’approvisionnement. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une contraction de 15,7% sur un an, après un déclin de 6,6% en mars.
L’opérateur de marché suisse SIX a donné jusqu’au 11 mai aux actionnaires de son homologue espagnol BME pour accepter son offre publique d’achat au prix de 33,4 euros par action. Plusieurs actionnaires ont déjà donné leur accord dont le principal, Corporación Financiera Alba, qui détenait12% du capital de BME. Mais le quotidien espagnol Cinco Días relève que SIX doit aussi composer avec une douzaine de hedge funds dont certains se sont «greffés"à l’opération très récemment, à l’instar de Syquant Capital ou de l’investisseur Emmanuel Boussard de Boussard et Gavaudan. Le prix de l’action BME avait alors chuté à 28 euros.Ensemble, ceshedge funds détiennent 20% du capital de BME et comptent bien faire pression sur SIX pour revoir le prix d’achat par action à la hausse. Cependant, Cinco Días souligne que la détention de 20% du capital ne sera pas suffisante à ces fonds d’investissement pour mettre en périll’OPA de l’opérateur boursier helvétique. Six doit convaincre les investisseurs réunissant plus de 50% du capital de BME d’accepter l’offre et il ne pourra pas retirer BME de la cote tant que les actionnaires minoritaires constituent toujours plus de 5% du capital.
Pendant deux ans, Odey Asset Management a investi 170 millions de dollars dans SLC Agricola, l’un des plus gros producteurs agricoles du Brésil ayant un passif en matières de violations environnementales, selon une enquête de Global Witness, un groupe d’action, consultée par le Financial Times. «La moindre due diligence sur cette société aurait révélé qu’il était tout à fait inappropriée pour un fonds d’investissement responsable d’investir un euro dans cette entreprise», a écrit le groupe dans une étude intitulé «Raising the Stakes». En tant que principal actionnaire de SLC, Odey aurait perçu plus de 2 millions de dollars de dividendes en 2018 après avoir bâti une participation de 14% dans l’entreprise. La société de gestion, qui a depuis réduit sa participation, détenait encore près de 10% de la société en mars.
Oligopole. Les revenus mondiaux du secteur de la fourniture d’indices financiers ont bondi l’an dernier de 8 % à un niveau inédit de 3,7 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros), selon le cabinet de conseil Burton-Taylor. Un trio continue de régner en maître, s’arrogeant 70 % du total : MSCI (24,74 %) au coude à coude avec S&P Dow Jones Indices (24,66 %), une longueur devant FTSE Russell (20,5 %). Loin encore de bousculer l’oligopole, Solactive enregistre, selon l’étude, le taux de croissance le plus élevé en 2019, de 21,9 %, tandis que Bloomberg affiche depuis 2015 une croissance annualisée de 72 %. Pour l’analyste de Taylor-Burton David Tabaka, les segments des indices ESG et factoriels continueront de « soutenir la croissance des revenus du secteur en 2020 et au-delà ».
Si les épargnants français devaient se comporter en investisseurs, les conditions de la relance de l’économie s’en trouveraient changées. Mais rien n’est moins certain.
Soutien. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé le 30 avril une nouvelle série de 7 opérations non ciblées de refinancement à long terme d’urgence pandémique (PELTRO). Celles-ci doivent « soutenir les conditions de liquidité dans le système financier de la zone euro et contribuer à préserver le bon fonctionnement des marchés monétaires en fournissant un filet de sécurité efficace en matière de liquidité ». Ces opérations débuteront le 19 mai 2020, avec des maturités dégressives entre 16 mois pour la première et 8 mois pour la dernière, soit entre juillet et septembre 2021. Les contreparties participant aux PELTRO pourront apporter en collateral des dettes publiques ou privées dégradées ou notées « high yield » après le 7 avril.
Adieux veaux, vaches, cochons… pommes de terres et laiteries : les inquiétudes des agriculteurs européens, privés de débouchés, n’ont rien d’une fable. Sans restaurants pour acheter steaks, fromages ou frites, les organisations agricoles en sont réduites à appeler à un geste citoyen pour éviter la destruction de surplus colossaux. « Mangeons des frites deux fois par semaine », plaide ainsi l’association belge des producteurs de tubercule. De quoi joindre l’utile à l’agréable, d’autant qu’il n’est pas sûr que l’occasion d’exhiber son beach body se présentera de sitôt…
Gardez-moi de mes amis, quant à mes ennemis, je m’en charge. La zone euro pourrait faire sienne cette maxime à la lecture du verdict de la Cour constitutionnelle allemande. La haute juridiction a rendu le 5 mai une décision qui menace de lier les mains de la Banque centrale européenne au moment où celle-ci en a le moins besoin.
Le secteur privé aux Etats-Unis a détruit plus de 20 millions d’emplois en avril, un niveau sans précédent, en raison des fermetures d’entreprises mises en oeuvre afin d’enrayer la pandémie. Le consensus Reuters prévoyait 20.050.000 destructions de postes dans le privé, leurs estimations s'échelonnant entre -8.790.000 et -25.000.000. Le chiffre de mars a été révisé à la baisse pour montrer 149.000 postes détruits contre 27.000 annoncés initialement. Le rapport précise que plus de 40% des emplois détruits en avril appartiennent aux secteurs des loisirs et de l’hôtellerie. Plus de 30 millions d’Américains ont déposé une demande d’allocation chômage en plus de six semaines d’après les données du département du Travail. Le taux de chômage est attendu à 16%.
L’indice PMI composite (secteur manufacturier et services) a chuté à 13,6, après 29,7 en mars, et ressort très légèrement supérieur à une première estimation flash, selon les données IHS Markit. Il s’agit de son plus bas niveau depuis la création des enquêtes en 1998. Le PMI du seul secteur des services a chuté à 12, après 26,4 en mars. En Italie et en Espagne, l’indice PMI des services a reculé à 10,8 et à 7,1, respectivement. En Allemagne, où une première estimation est publiée contrairement à l’Italie et à l’Espagne, l’indice des services est tombé à 16,2 le mois dernier. En France,il est tombé à 10,2, un plus bas historique.
La Commission européenne s’attend à ce que la zone euro connaisse cette année la pire récession de son histoire. La contraction du PIB devrait atteindre 7,7% en 2020, accompagnée d’une chute de l’inflation, d’une remontée du chômage et d’un gonflement des déficits publics. L’inflation devrait tomber à 0,2%, et le chômage grimper à 9,6% de la population active, tandis que le déficit bondira à 8,5% du PIB et la dette publique à 102,7%. L’exécutif européen prédit par exemple des contractions du PIB de 9,5% et 9,4% respectivement en Italie et en Espagne, mais de 5,5% en Autriche. En France, le PIB devrait chuter de 8,2% cette année puis remonter de 7,4% en 2021. Pour l’Allemagne, la récession devrait être de 6,5% avant un rebond de 5,9% l’an prochain.
Sur la base des demandes d’indemnisation déposées au 4 mai, seuls 4,4 millions (soit 41%) des salariés couverts par une demande d’autorisation en mars ont effectivement été placés en activité partielle ce mois-là en France, a indiqué mercredi la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Sur la base des périodes demandées par les entreprises au 4 mai, 10,7 millions de salariés étaient susceptibles d'être placés en activité partielle en mars (les demandes pouvaient être déposées jusqu'à fin avril). Selon la Dares, toutes les demandes d’indemnisation pour le mois de mars n’ont pas encore été déposées. Au total, 12,1 millions de salariés ont fait l’objet d’une demande de couverture par le dispositif d’activité partielle émanant de près de 1 million d’entreprises, a indiqué mercredi sur Europe 1 Muriel Pénicaud, ministre du Travail.
L'équipe chargée de coordonner la réponse des Etats-Unis à la crise sanitaire du coronavirus va finalement être maintenue, mais sa mission sera désormais recentrée sur le traitement de la maladie et l’assouplissement du confinement, a annoncé mercredi le président américain. La veille, Donald Trump avait dit envisager de dissoudre cette équipe et de la remplacer par «quelque chose sous une forme différente», alors que le pays s’apprête à amorcer la relance de pans entiers de l'économie. Mardi, il avait aussi dit à la presse être conscient que le déconfinement pourrait affecter «certaines personnes», lors de la visite d’une usine de fabrication de masques dans l’Arizona, au cours de laquelle il ne portait aucune protection.
L’équipementier télécoms a émis hier 1 milliard d’euros sur le marché high yield et recueilli plus de 6 milliards d’euros de demandes, signe de l’appétit des investisseurs sur ce marché qui a été fermé pendant plusieurs semaines. Cela a permis au groupe finlandais de réduire de 60 points de base (pb) le spread à l’émission par rapport à l’orientation initiale. Les deux tranches d’obligations à 5 et 8 ans, de 500 millions d’euros chacune, ont été émises avec un spread de 275 pb et 335 pb au-dessus des taux midswaps, soit un rendement de 2,45% et 3,1%, respectivement. L’émission est notée BB+ par S&P, Ba2 par Moody’s et BBB- par Fitch. L’engouement pour cette émission, qui doit permettre notamment de refinancer le remboursement par anticipation d’une obligation à échéance 2021, est d’autant plus marquant qu’elle ne contient pas de clause de changement de contrôle alors que Nokia a récemment fait l’objet de rumeurs d’offre hostile.
Le secteur privé aux Etats-Unis a détruit plus de 20 millions d’emplois en avril, un niveau sans précédent, en raison des fermetures d’entreprises mises en oeuvre afin d’enrayer la pandémie de coronavirus.
Le ministre de l’Economie a rappelé l’importance de l’indépendance de la Banque centrale européenne au lendemain de la décision de la cour constitutionnelle de Karlsruhe. « Il est important de rappeler l’indépendance de la BCE qui est la seule à même de juger ce qui est nécessaire en termes de conduite de la politique monétaire dans la zone euro », a déclaré Bruno Le Maire.
Les commandes à l’industrie allemande ont plongé de 15,6% en mars, selon les données publiées par Destatis, l’office allemand de la statistique, sous l’effet de la crise du coronavirus. Il s’agit de leur repli le plus marqué depuis l’introduction de cette statistique en 1991 lors de la réunification. Il faut remonter à 1975 pour trouver une baisse similaire pour l’Allemagne de l’ouest seule. Cette chute est plus importante que prévu par les économistes. Les commandes intérieures ont baissé de 14,8% et celles de l’extérieur de 16,1%.