Consensuelle. Ceux qui espéraient une révolution ont été déçus. La Banque centrale européenne (BCE – photo) a dévoilé le 8 juillet sa revue stratégique de politique monétaire, dont les résultats étaient attendus à l’origine pour la rentrée de septembre. Le compromis a accouché d’un changement d’objectif d’inflation. Celui-ci, « proche mais au-dessous de 2 % », devient « symétrique », et fixé « à 2 % à moyen terme », les écarts positifs et négatifs par rapport à la cible étant jugés « également indésirables ». La BCE tolérera donc un dépassement temporaire des 2 % – qui n’ont jamais été atteints depuis dix ans – sans resserrer prématurément sa politique monétaire et reproduire ainsi les erreurs de 2008 et 2011. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) continuera à servir de jauge pour suivre l’inflation en zone euro, mais devrait intégrer, à l’issue de plusieurs années de travaux, la hausse des prix de l’immobilier sous la forme de l’équivalent loyer imputé aux propriétaires de leur logement.
Ebullition chez les producteurs de champagne ! Voilà que les sujets de conflit entre la Russie et l’Europe, qui ne manquaient déjà pas, s’étendent au respect de l’appellation de notre breuvage renommé. « Une nouvelle législation russe impose aux professionnels du champagne français de ne plus traduire ‘champagne’ en cyrillique et d’utiliser l’appellation de ‘vin effervescent’ », relate le cabinet Norton Rose Fulbright, qui travaille sur le dossier et les questions de propriété intellectuelle et contrefaçons qu’il soulève. L’appellation « Champagne » est protégée dans 120 pays et la position russe revient à rabaisser le champagne français au rang des vins mousseux. Mais au fond, le principal est sauf : le pays des tsars entend réserver le terme « Champagne » aux vins pétillants russes, un véritable hommage... Le Quai d’Orsay et l’OMC sont saisis de l’affaire.
Tout ça pour ça ? Les résultats de la revue stratégique de la Banque centrale européenne, la première depuis 2003, ont forcément déçu les exégètes de la politique monétaire. L’exercice a accouché d’un consensus mou. La paix avec le camp des faucons, à laquelle la présidente de la BCE Christine Lagarde se montre bien plus attachée que son prédécesseur Mario Draghi, était à ce prix. L’institution a, comme prévu, fixé une cible d’inflation à 2 % en zone euro et a rendu cet objectif symétrique, ce qui l’amènera à tolérer un léger dépassement. De quel ordre et pour quelle durée ? Le Conseil des gouverneurs s’est volontairement borné à une formulation imprécise. Les investisseurs devront se faire leur propre opinion en analysant les discours des uns et des autres. Bien malins ceux qui pourront bâtir sur ce sable une fonction de réaction claire et modéliser le lien entre les objectifs et les actions de la BCE. Un même flou artistique, déjà, entourait les conclusions que la Réserve fédérale avait livrées l’été 2020, mais la revue stratégique de la banque centrale américaine se voulait tout de même plus ambitieuse.
L’Union européenne (UE) a largement réussi mardi une émission obligataire syndiquée à deux tranches, qui comprenait une troisième émission dans le cadre de son programme de relance NextGeneration EU (NGEU), dont les Etats membres continuent de valider les plans nationaux (France, Italie et Espagne mardi) ouvrant aux premiers versements de subventions et de prêts. L’obligation à 10 ans (coupon 0%), qui doit servir à refinancer d’autres mécanismes européens, a attiré un carnet d’ordres couvrant près de 10 fois l’offre de 5,25 milliards d’euros (51 milliards), et donc permis de réduire le rendement à -0,043% (MS-6 pb). L’obligation à 20 ans (coupon 0,45%), qui participe intégralement au programme NGEU, a reçu plus de 96 milliards de demandes pour 10 milliards offerts et profité de la forte demande sur le marché secondaire pour réduire le rendement à 0,471% (MS+7 pb).
D’après les données des douanes chinoises, les exportations de la Chine ont progressé de +32,2% en rythme annuel en juin, après une croissance de +27,9% en mai, et de +36,7% sur un an. C’est globalement bien plus qu’attendu par les analystes, l’impact de foyers locaux de l’épidémie de coronavirus et de perturbations portuaires ayant été effacé par une demande mondiale solide du fait de l’assouplissement des restrictions sanitaires et du déploiement des vaccins à travers le monde. Les données officielles montrent aussi des importations en hausse (plus lente qu’en mai). L’excédent commercial de la Chine ressort à 51,53 milliards de dollars, contre 45,54 milliards le mois précédent.
Le promoteur et l'institution créeront d'ici fin 2021 une société commune pour investir 150 millions d'euros en cinq ans dans la construction de résidences avec services.
Les prix à la consommation aux Etats-Unis ont enregistré en juin leur plus forte hausse depuis 13 ans, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) en hausse de +0,9% d’un mois sur l’autre en juin, après +0,5% en mai, une hausse sans précédent depuis juin 2008, montrent les statistiques publiées mardi par le département du Travail. Sur un an, sa progression revient à +5,4%, après +5,0% le mois précédent, sa plus forte hausse depuis août 2008. L’inflation de base (core CPI) hors énergie et produits alimentaires est ressortie en hausse de +0,9% sur un mois et +4,5% sur un an, également davantage que prévu par les consensus, ce qui a fait remonter le rendement des Treasuries à 10 ans à un plus haut d’une semaine (1,39% mardi soir) ainsi que le dollar (+0,4% face à un panier de devises).
Le fonds de capital-investissement EQT Infrastructures s’apprête à racheter Covanta Holding, le plus important groupe au monde d’infrastructures permettant de convertir les déchets en énergie. A 20,25 dollars par action, cette offre en numéraire valorise Covanta Holding, à 5,3 milliards de dollars, et représente une prime de 37% par rapport au cours de 14,78 dollars du 8 juin, le dernier jour avant que l’action Covanta soit propulsée par des spéculations sur un possible rachat. La transaction doit être bouclée d’ici à la fin de l’année. EQT collaborera avec la direction actuelle de Covanta pour permettre à la société, qui possède des actifs en Amérique du Nord, en Europe et au Royaume-Uni, de croître.
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi que son Conseil des gouverneurs avait décidé de lancer des travaux préparatoires concernant le projet d’un potentiel euro numérique. Cette «phase d’investigation» durera 24 mois et doit permettre d’examiner les difficultés majeures portant sur la conception et la distribution de cette monnaie virtuelle, a indiqué la banque centrale dans un communiqué. «Un euro numérique doit pouvoir répondre aux besoins des Européens tout en contribuant à prévenir les activités illicites et en évitant tout impact indésirable sur la stabilité financière et la politique monétaire», a expliqué la BCE. «En tout état de cause, un euro numérique viendrait compléter l’argent liquide, et non le remplacer», a ajouté la banque centrale.
Un consensus semble se dégager à Bruxelles sur les grandes lignes d'une éventuelle réforme. Beaucoup dépendra toutefois du résultat des élections allemandes de septembre.
Finance for Tomorrow, l’initiative en faveur de la finance durable de la Place de Paris, a nommé Pauline Becquey directrice générale. Elle succède à Anne-Claire Roux, partie diriger le fonds de dotation de Mirova, Mirova Forward. Diplômée de Sciences Po Bordeaux en 2010, Pauline Becquey a été consultante puis manager dans l’équipe développement durable du cabinet d’audit et de conseil EY. Elle y a notamment audité le reporting extra-financier et le reporting d’impact de grandes banques françaises et de l’IFC (groupe Banque Mondiale), accompagné l’émission de Green Bonds, contribué à l’élaboration de politiques sectorielles d’investissements, accompagné la définition de stratégies en matière de durabilité, etc. En tant que responsable développement durable de la Fédération française des assurances (FFA), elle accompagnait opérationnellement les assureurs dans leur transformation vers la finance durable, explique un communiqué. Elle a contribué à la mise en place du suivi des indicateurs finance durable du secteur et a coordonné les travaux de place de l’assurance sur la prise en compte des risques climatiques dans les portefeuilles d’investissement, la définition de politiques d’engagement et d’exclusion ESG ou encore les politiques relatives à la sortie du charbon. Elle est également co-auteur de l’ouvrage de référence «La RSE dans l’assurance». Finance for Tomorrow rassemble aujourd’hui plus de 85 membres représentatifs du secteur financier, soit près de trois fois plus que depuis sa création en juin 2017. Avec Thierry Déau, président de Finance for Tomorrow et le bureau de l’association, Pauline Becquey devra porter une feuille de route ambitieuse pour que la Place de Paris continue d’exercer un leadership sur les enjeux désormais concurrentiels de la finance verte et durable, poursuit le communiqué. Pauline Becquey rejoint les 14 membres du bureau de Finance for Tomorrow, élus en mai 2020 pour un mandat de deux ans. Suite au départ de Pierre Ducret, conseiller climat de la Caisse des Dépôts, Matthias Seewald, membre du comité exécutif d’Allianz France et directeur des investissements rejoint le bureau.
Monmouth Real Estate Investment Corp. a reçu une offre de rachat non sollicitée de la part de Starwood Capital Group qui pourrait bouleverser les plans de la société en vue de son acquisition par Equity Commonwealth, propriété de Sam Zell, Selon l’agence Bloomberg qui cite des personnes proches du dossier, Monmouth, une société d’investissement immobilier qui se concentre sur la propriété industrielle, a déclaré lundi dans un communiqué qu’elle avait reçu une offre de rachat entièrement en espèces d’une «grande société d’investissement privée» pour 18,70 dollars par action. Elle n’a pas identifié l’acheteur. Selon Bloomberg, il s’agirait de Starwood. Monmouth a dit évaluer la nouvelle proposition.
Les fonds ouverts commercialisés en Suède ont enregistré des souscriptions nettes de 87,6 milliards de couronnes suédoises, soit 8,6 milliards d’euros, au premier semestre, montrent les dernières statistiques de l’association locale des fonds Fondbolagens Förening. En six mois, le secteur a dépassé le montant total de la collecte de 2020, qui était de près de 76 milliards de couronnes. La collecte a été tirée par les fonds actions, qui ont drainé près de 80 milliards de couronnes sur le premier semestre. Les investisseurs ont notamment privilégié les fonds actions monde et les fonds actions suédoises. Les fonds diversifiés attirent quant à eux 15,6 milliards de couronnes et les fonds obligataires, 3,8 milliards de couronnes. Les fonds monétaires voient sortir 10,5 milliards de couronnes. «Quel premier semestre fantastique pour tous les investisseurs en fonds ! Les actifs des fonds n’ont jamais été aussi élevés et les épargnants ont placé plus d’argent que jamais dans les fonds», se réjouit Johanna Englundh, économiste de Fondbolagens Förening. Les actifs des fonds ont atteint 6.256 milliards de couronnes suédoises, soit un niveau record. Environ 65 % de ce montant est investi dans des fonds actions, reflétant l’appétit des Suédois pour cette classe d’actifs.
L’introduction en Bourse du groupe français Colis Privé, initialement envisagée début juillet, est repoussée en raison des «conditions actuelles de marché», selon l’agence Reuters. La société prévoit désormais une opération «dans les prochains mois». Spécialisé dans la livraison de colis à domicile pour le commerce en ligne, Colis Privé a annoncé mi-juin vouloir se coter en Bourse à Paris afin de financer son expansion sur fond de forte croissance du e-commerce. «Nous avons eu de très bons premiers contacts avec les investisseurs que nous avons rencontrés ces dernières semaines et nous sommes confiants dans la poursuite de notre projet», a nuancé la société dans une déclaration.
L’information a été moins médiatisée que la victoire de l’équipe nationale de football en Italie : l’ancien président du Conseil Giuseppe Conte et le fondateur du Mouvement 5 Etoiles (M5S) Beppe Grillo sont convenus dimanche soir de surmonter leurs divergences sur l’avenir de la formation politique. Sans affiliation, Giuseppe Conte avait accepté de prendre les rênes du parti après la chute de son gouvernement en janvier, mais une brouille avait suivi, Beppe Grillo accusant l’ancien chef du gouvernement de chercher à l’écarter pour recentrer ce parti. De quoi mettre en danger le groupe majoritaire au Parlement et donc potentiellement le gouvernement d’union nationale alors que certains partisans du M5S sont mécontents des choix effectués par Mario Draghi : une scission aurait pu faire basculer un certain nombre d’élus dans l’opposition. Les deux leaders ont décidé de mieux se répartir les rôles avec un vote sur les nouveaux statuts et sa direction pour l’avenir.
Le président de la Réserve fédérale (Fed) de Richmond, Thomas Barkin, a indiqué lors d’un entretien au Wall Street Journal ne pas être prêt à signer la fin du programme d’achats d’obligations (QE) de la Fed, de 120 milliards de dollars par mois, en raison de la situation du marché du travail. Il espère que l’emploi atteindra «relativement prochainement» le seuil fixé par la Fed pour pouvoir réduire son QE. Selon lui, le taux d’emploi de la population est important pour déterminer la date à laquelle la Fed pourra retirer ses mesures de soutien à l’économie américaine. Ce taux s’établissait à 61,1% en février 2020, juste avant le début de la pandémie outre-Atlantique, puis au point bas de 51,3% en avril 2020, avant de se redresser pour atteindre 58% en juin 2021. Thomas Barkin, qui dispose d’un droit de vote au sein du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), partage l’avis d’autres banquiers centraux sur le caractère temporaire de la hausse de l’inflation actuelle.
Paytm envisage de lever environ 20 milliards de roupies (268 millions de dollars, soit 226 millions d’euros) lors d’un tour de table, qui aurait lieu avant son introduction en Bourse, annoncée pour cette année, selon Bloomberg, qui cite des sources proches. Le fournisseur de services financiers indien compte émettre pour une valeur de 83 milliards de roupies de nouvelles actions, dont celles pour son tour de table pré-IPO. Paytm viserait une IPO d’une valeur de 3 milliards de dollars, la plus importante à ce jour en Inde. La fintech, auparavant appelée One97 Communications, était valorisée dernièrement 16 milliards de dollars, selon CB Insights. JPMorgan Chase & Co. et Goldman Sachs Group sont les banques conseils pour cette IPO.
Les investisseurs particuliers lèvent un peu le pied en Bourse. Au deuxième trimestre, «le nombre de transactions effectuées par des particuliers en France sur des actions admises aux négociations en Europe a diminué par rapport aux deux trimestres précédents, à 13,3 millions, tout en se situant à un niveau élevé par rapport aux années précédentes», souligne l’Autorité des marchés financiers dans son troisième tableau de bord des investisseurs particuliers actifs, publié lundi.
Le deuxième fonds Vision de SoftBank a investi environ 13 milliards de dollars dans une cinquantaine d’entreprises au deuxième trimestre, selon le Financial Times, qui cite deux sources. Sur les trois premiers mois de l’année, le fonds avait investi moins de 2 milliards de dollars dans moins d’une vingtaine d’entreprises, selon des documents publics. Pour son deuxième fonds, Vision a cherché à investir dans des entreprises de taille plus petite.