Les économistes sont partagés sur l’immunité collective
Alors que les campagnes de vaccination marquent le pas dans certains pays comme la France, une question reste de savoir quel degré d’immunité collective sera nécessaire pour revivre normalement et ne plus freiner la reprise économique à cause du Covid-19. Début mai, le Wall Street Journal expliquait que les économistes avaient des avis très divergents sur la question.
Certains considéraient l’immunité collective – lorsqu’une masse critique de la population devient immunisée contre un agent pathogène responsable d’une maladie - comme un élément clé de ce retour à la normale, sans restrictions susceptibles de diminuer la production et la consommation. D’autres, chez HSBC ou Morgan Stanley qui citait en exemple l’adaptation de la Chine et Taïwan, estimaient au contraire que les entreprises pouvaient rouvrir et l’activité économique se normaliser même en l’absence d’immunité. Les épidémiologistes pensaient alors qu’il faudrait qu’au moins 60% à 80% de la population développe des anticorps pour freiner la capacité de propagation du coronavirus. Et les analystes de Goldman Sachs calculaient que la population des Etats-Unis et du Royaume-Uni y étaient déjà ou presque, et que les populations de certains pays émergents comme le Pérou présentaient aussi un bon niveau d’immunité naturelle, tandis que Moody’s Analytics estimait l’immunité collective mondiale (avec 70% de la population vaccinée) possible en 2023.
Mais c’était avant la nouvelle vague - a priori plus contagieuse - liée au variant Delta, qui s'étend depuis le Royaume-Uni à raison de plus de 30.000 cas en moyenne par jour. Russie - où le taux de vaccination est inférieur à 20% -, Espagne, Pays-Bas voire Etats-Unis connaissent également une vraie résurgence, avec davantage d’hospitalisations et de décès uniquement dans le cas russe. De telle sorte que les épidémiologistes voient désormais plutôt le seuil d’immunité collective à 80%-90% et que davantage d’experts expriment des doutes sur les délais d’obtention de l’immunité collective, voire sur sa possibilité dans le cadre d’échanges internationaux avec des pays émergents où le taux de vaccination reste sous 10%. «Tous ces facteurs assombrissent la perspective d’une reprise mondiale relativement rapide», estime Taimur Baig, chef économiste de DBS Bank à Singapour. Pour ce dernier, un retour complet à la normale paraît difficile avant 2025 et ses prévisions de croissance du PIB mondial atteignent +5,6% pour 2021, contre +6,6% pour les économistes de Goldman Sachs.
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