Priorité à l’approche de long terme. Tel est le message central de Laurence D. Fink, PDG de BlackRock, adressé cette année aux dirigeants des entreprises du S&P 500 dans le cadre de sa lettre sur le gouvernement d’entreprise. Après avoir l’an dernier invité les entreprises à communiquer aux actionnaires leur stratégie pour la création de valeur sur le long terme, Larry Fink enfonce le clou en insistant sur l’importance de cette approche. «Les entreprises ont commencé à consacrer une plus grande attention à ces problématiques de soutenabilité sur le long terme, mais malgré des engagements rhétoriques de plus en plus présents, ils ont continué à s’engager dans des opérations de rachats d’actions à un rythme effréné. Sur les douze mois se terminant au troisième trimestre 2016, la valeur des dividendes et rachats d’actions des entreprises du S&P 500 ont dépassé les bénéfices d’exploitation de ces entreprises», relève Larry Fink.Le patron de BlackRock approuve ces pratiques mais estime qu’elles doivent être tempérées par des investissements dans la croissance à venir. «Les entreprises devraient s’engager dans des opérations de rachats seulement dans le cas où elles sont assurées que le retour sur ces rachats sera supérieur au coût du capital et aux rendements de long terme des investissements dans la croissance future», précise Larry Fink.Cela dit, le secteur privé ne peut seul modifier cette domination du court-termisme. Il serait souhaitable que la nouvelle administration américaine soutienne l’investissement de long terme avec une fiscalité adaptée qui récompense l’engagement à long terme, un programme d’investissement dans les infrastructures ainsi qu’un renforcement des systèmes de retraite. Larry Fink insiste notamment sur la nécessité d’aider les futurs retraités à mieux cerner les enjeux des évolutions actuelles avec l’importance croissante des régimes à contributions définies et affirme que le secteur de la gestion d’actifs n’a pas été jusqu’ici à la hauteur de ces problématiques nouvelles. Et la boucle est bouclée. Les entreprises peuvent mieux faire, mais les autorités publiques et, last but not least, les sociétés de gestion doivent aussi apporter leur contribution. Le long terme est l’affaire de tous!