Les gestionnaires d’actifs ne doivent pas se faire d’illusions. Les résultats exceptionnels de l’année dernière ont peu de chances de se reproduire. « L’embellie ne doit pas masquer que l’environnement reste difficile pour les sociétés de gestion », prévient ainsi Hélène Donnadieu, responsable de la gestion d’actifs et coauteur du dernier rapport du Boston Consulting Group (BCG) sur le secteur. Le cabinet de conseil en stratégie a passé au crible les performances de 30 grands « asset managers » mondiaux, représentant 34.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ce qui correspond à la moitié des encours de l’industrie. Principal enseignement : à 38% en 2017, comme en 2016, la marge bénéficiaire moyenne des grandes sociétés de gestion demeure extrêmement confortable. Mais, selon le BCG, elle est condamnée à se réduire. En raison des coûts réglementaires en hausse, de l’accélération des investissements dans les nouvelles technologies et de frais de gestion en baisse, cette marge se tasserait à 36 % à horizon 2021 et, en cas de correction de marché, elle descendrait à 30 %, voire 27 % dans un scénario extrême. Selon le BCG, les coûts ont en moyenne représenté 65 % des revenus des grands « asset managers » en 2017.Par ailleurs, le rapport du BCG note que les frais de gestion poursuivent leur décrue. Nets des coûts de distribution, ils ressortent par exemple en moyenne à 35 points de base pour les stratégies actions gérées activement (37 il y a 4 ans) pour les institutionnels et à 5 points pour la gestion indicielle (contre 6 en 2012). La baisse la plus importante concerne les stratégies alternatives dont les frais engrangés sont passés de 75 à 64 points en 4 ans. En outre, le cabinet de conseil constate que les acteurs français de la gestion ont moins profité des vents porteurs que leurs concurrents à l’international. De fait, les encours des quatre grandes sociétés de gestion françaises n’ont progressé que de 4% en 2017, contre 14% pour l’ensemble des 30 acteurs mondiaux. La collecte (nette) des acteurs français est également en retrait. En 2017, elle a représenté 3,3 % des encours de début d’année, contre 4,3 % au niveau mondial.