Les sociétés de capital-investissement sont de plus de plus mobilisées sur les enjeux de développement durable. Pour preuve, le dernier Rapport Annuel ESG -Exercice 2017 publié ce 31 mai par l’association professionnelle France Invest, en collaboration avec Deloitte. Un seul chiffre renseigne déjà sur l’engagement du secteur : 40% des sociétés de gestion membres de France Invest ont répondu à notre enquête (*). Cette participation doublée par rapport à la précédente édition témoigne de la mobilisation renforcée du capital-investissement français pour faire entrer l’extra-financier dans le domaine du non coté», commente Olivier, président de France Invest, cité dans un communiqué."Cette conscience partagée de l’importance des facteurs ESG s’exprime de manière diverse dans la pratique des sociétés de gestion et de leurs participations, en fonction de leurs spécificités. Cette pluralité d’approches est la garante d’une prise en compte effective des enjeux extra financiers, dans l’intérêt des acteurs du capital-investissement et de notre écosystème», souligne pour sa part Candice Brenet, président de la Commission ESG de France Invest. C’est ce que montre bien la présentation des résultats de l’enquête par classe d’actifs. C’est ainsi qu’un quart des sociétés de gestion spécialistes des small cap (petites capitalisations) ont mis en place un reporting ESG dans les entreprises qu’elles accompagnent. Il s’agit d’un chiffre significatif compte tenu de la taille de ces sociétés de gestion qui disposent de moyens humains et financiers plus limités. Les sociétés de gestion présentes sur le segment du mid cap qui soutient les PME françaises déjà bien implantées sur leur secteur ont réalisé 338 due diligences ESG d’acquisition en 2017. En croissance régulière parmi les acteurs du mid cap, les due diligences ESG favorisent la formalisation d’un plan d’action et l’implication des dirigeants sur les enjeux ESG au moment d’un nouvel investissement. Dans le segment large cap français où les levées de fonds sont réalisées en France et à l’étranger et dont les tickets d’entrée sont élevés, la totalité des sociétés de gestion répondantes ont formalisé publiquement leur engagement ESG. Elles sont 88% à être impliquées dans des commissions et groupes de travail de place pour faire progresser l’intégration des enjeux ESG au sein des pratiques de la profession. L’engagement en faveur de l’ESG des acteurs apportant du financement sous forme de dette, aux opérations de capital-transmission principalement, est en croissance significative comme en témoigne les 64 questionnaires ESG adressés sur l’année par les investisseurs à ces sociétés de gestion (3,37 par société en moyenne). Et ceci bien que la position des acteurs de la dette privée soit singulière au sein de la gouvernance des entreprises qu’ils accompagnent. Dans le domaine des infrastructures, dont la spécificité des investissements est la durée de la période de détention (environ 10-15 ans), 74% des sociétés de gestion suivent annuellement le taux de fréquence et de gravité des accidents de travail. Dans ce secteur qui emploie une main d’œuvre importante d’ouvriers l’accidentologie constitue un enjeu matériel majeur qui bénéfice d’un suivi rigoureux. Les sociétés de gestion spécialisées dans l’impact investing, caractérisé par des investissements dont l’intention est de générer un impact environnemental ou social (pauvreté, handicap, accès à l’éducation…) positif, couplé à un rendement financier, emploient 40% de femmes. Ce taux de féminisation, parmi les plus élevés dans les équipes d’investissement, montre que les acteurs de l’impact investing ont pour la plupart la volonté de constituer des équipes aux profils et aux parcours divers en cohérence avec leur stratégie d’investissement.(*) En 2017, 122 des 308 sociétés de gestion membres de France Invest ont participé à l’enquête ESG. Elles emploient plus de 3 250 personnes, gèrent 218 milliards d’euros d’actifs et accompagnent près de 5 800 entreprises. En 2017, elles ont réalisé un total de 1 500 opérations d’investissement. En complément, 1 450 entreprises qu’elles accompagnent, et qui emploient 845 000 personnes, ont également répondu au questionnaire