EDF espère une nouvelle régulation du nucléaire pour 2023
Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a réitéré ses critiques jeudi matin à l'égard du mécanisme de l’Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) en France qui, selon lui, entrave les capacités d’investissement du groupe. Le « poids » de l’Arenh « réduit les marges que nous faisons sur notre parc nucléaire historique, qui sont insuffisantes, qui ne couvrent pas tous les coûts complets qui ont été dépensés à l’occasion de la gestion de ce parc aujourd’hui et demain, et c’est donc une entrave dans le développement d’EDF », a estimé Jean-Bernard Lévy.
Le dirigeant a dit espérer la mise en place de la réforme de ce mécanisme, qui fait l’objet de discussions entre l’Etat français et la Commission européenne, dans les deux années qui viennent.
« Nous avons donc devant nous, je l’espère, par exemple à partir du 1er janvier 2023, une trajectoire financière très différente qui pourra, si cette régulation se met en place, nous donner les moyens d’ambitions, de réalisations beaucoup plus élevées », notamment dans le domaine de la transition énergétique, a expliqué Jean-Bernard Lévy.
Dans ce contexte, le dirigeant a souligné qu’EDF avait relevé son objectif de capacité renouvelable installée nette à l’horizon 2030 de 50 gigawatts (GW) à 60 GW.
En 2020, la production d'électricité d’origine nucléaire d’EDF en France a atteint 335,4 térawatt-heures (TWh) en 2020, en baisse de 44,1 TWh sur un an, « dont environ 33 TWh en lien avec la crise sanitaire ». Le groupe avait déjà indiqué début janvier que ce chiffre était « légèrement supérieur » à 335 TWh. Pour 2021, EDF table sur une production comprise entre 330 et 360 TWh.
Amélioration attendue en 2021
Pour 2021, EDF a annoncé prévoir une amélioration de sa rentabilité en 2021, après avoir subi un recul de ses résultats l’année dernière en raison de la crise sanitaire.
Pour l’année en cours, EDF table sur un excédent brut d’exploitation (Ebitda) supérieur à 17 milliards d’euros. En 2020, le groupe a dégagé un Ebitda de 16,17 milliards d’euros, en baisse de 3,3% par rapport à la même période de 2019. A taux de change et périmètre constants, l’Ebitda a reculé de 2,7%. L'énergéticien tablait sur un Ebitda « égal ou légèrement supérieur » à 16 milliards d’euros.
L’impact de la crise sanitaire sur l’excédent brut d’exploitation d’EDF en 2020 a atteint 1,5 milliard d’euros, a indiqué le groupe. Dans le détail, cet impact s’est chiffré à 1 milliard d’euros au premier semestre et à 500 millions d’euros au second, a précisé le directeur financier, Xavier Girre, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. Sans cet impact, l’Ebitda du groupe aurait connu une croissance organique de 6,2% en 2020.
EDF a dégagé un résultat net part du groupe en baisse de 87,4% l’année dernière, à 650 millions d’euros.
Le résultat net courant, qui exclut les éléments non récurrents, les variations nettes de juste valeur sur instruments dérivés énergie et matières premières, les activités de trading et les variations nettes de juste valeur de titres de dettes et de capitaux propres nets d’impôts, a diminué de 49,1% sur un an, à 2 milliards d’euros.
Le chiffre d’affaires annuel d’EDF s’est replié de 3,2% en données publiées et de 3,4% en données comparables, à 69,03 milliards d’euros. L’impact de la crise sanitaire sur le chiffre d’affaires d’EDF en 2020 s’est établi à 2,3 milliards d’euros, a indiqué Xavier Girre.
Selon un consensus établi par Factset, les analystes anticipaient en moyenne un Ebitda de 15,98 milliards d’euros, un bénéfice net part du groupe de 1,73 milliard d’euros et un chiffre d’affaire de 70,47 milliards d’euros.
Le conseil d’administration propose de distribuer un dividende de 0,21 euro par action au titre de l’exercice 2020, avec l’option d’un paiement en actions nouvelles. EDF a indiqué que l’Etat français, actionnaire à hauteur de 83,7% du capital, s'était engagé à opter pour un paiement en actions du dividende relatif à 2020.
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