La crainte d’un retard du projet Hercule fait chuter EDF
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Agefi-Dow Jones
EDF, premier producteur et premier fournisseur d’électricité en France et en Europe.
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Photo EDF.
L’action EDF chute de 12,7% à 10,81 euros lundi matin sur la Bourse de Paris. Selon un analyste basé à Paris, l’action réagit à des informations de BFM Business selon lesquelles les négociations entre Paris et Bruxelles sur le projet de refonte du secteur de l'électricité en France traînent, ce qui pourrait empêcher le projet «Hercule» de réorganisation du groupe d’aboutir cette année.
«Les négociations ne se dirigeront pas vers un accord dans les semaines à venir», a souligné dans une note à ses clients JPMorgan Cazenove, en faisant référence à l’article de BFM. Les investisseurs se sentent pris à contre-pied. «Depuis plusieurs mois, le marché achetait vraiment ce plan qui prévoit une réorganisation du groupe avec d’un côté le nucléaire, et de l’autre les activités les plus attractives, pour l’essentiel les énergies renouvelables, et la distribution d'électricité», rappelle Xavier Regnard, analyste chez Bryan Garnier.
«La France tente d’arracher une vaste refonte de tout le secteur électrique pour redresser les finances d’EDF. Le gouvernement préconise une augmentation de 20% des prix de l'électricité. En contrepartie, Bruxelles demande plus de concurrence et une scission d’EDF, ce que refuse la France», relate BFM Business sur son site Internet.
Selon les informations du site, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été «très ferme sur toute la ligne». «Elle est restée sur ses positions et n’a pas voulu accélérer le calendrier», a précisé une source à BFM Business. «Une posture de négociation dure, destinée à faire plier l’Etat français. Bruxelles aurait demandé encore six mois de discussions à la France, un délai trop long pour faire voter la réforme au Parlement d’ici la fin de l’année», ajoute le site.
Risque pour l’Arenh
Ces six mois de délais supplémentaires risquent d’engendrer un retard beaucoup plus important pour EDF. «Cela va décaler de beaucoup plus parce que le sujet ne pourra ensuite être traité à l’approche de l'élection présidentielle de 2022. Il sera trop sensible de mettre le projet en place à ce moment-là», prévient Xavier Regnard, de Bryan Garnier.
Or, EDF a besoin de cette réforme, à la fois parce que la séparation du groupe en plusieurs entités peut créer immédiatement de la valeur, et parce que de cette réorganisation dépend la refonte du mécanisme de régulation du nucléaire. Maintenir EDF en l'état «signifie qu’il n’y aura pas de refonte du mécanisme de l’Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique), on conservera le prix à 42 euros le mégawattheure qui ne permet pas au groupe de couvrir ses frais sur le nucléaire», souligne l’analyste.
Contactés, un porte-parole du ministère de la Transition écologique n'était pas immédiatement en mesure de commenter ces informations, tandis que le groupe EDF n’a pas souhaité faire de commentaire.
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