Les fusions-acquisitions de PME françaises sont au point mort
La Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) vient défendre les PME françaises. En partenariat avec Epsilon Research, elle lance un «Observatoire de la valeur des moyennes entreprises en France», sur la base des prix d’achat des PME de 15 à 50 millions d’euros de fonds propres.
Depuis 2012, la valeur de ces PME ne cesse de se réduire, alors que celle des PME d’Europe continentale progresse (voir graphe). Cette baisse peut s’expliquer par la chute des transactions en France au premier semestre 2014, -25% en nombre et -38% en valeur, alors que le marché est stable en Europe. De plus la marge d’Ebitda des PME françaises est tombée autour de 9% au premier semestre au lieu de 11 à 12% en 2012-2013.
Une évolution d’autant plus qu’inquiétante qu’un quart des transmissions de PME en France se fait par LBO, une proportion plus élevée que dans le reste de l’Europe continentale. «La part des transmissions familiales (1 sur 3) est plus faible que dans le reste de la zone euro (1 sur 2)», précise Yves Nicolas, président de la CNCC. Parmi les 77% de cessions industrielles, 38% ont été réalisées par des Nord-Américains et 54% par des Européens (hors France).
Tous les clignotants sont au vert (faible coût de la dette et du capital, liquidité…) pour les acquéreurs. Même les marchés actions PME sont en hausse depuis le début 2013. Pourtant les M&A ne repartent pas en France. «Un paradoxe, signe du déficit de confiance de la part des investisseurs», explique Grégoire Buisson, président d’Epsilon Research, soulignant le plus grand nombre d’acquisitions de sociétés déficitaires. Sans compter la lourdeur et l’instabilité réglementaire et fiscale, à l’instar de la récente loi Hamon imposant aux PME d’informer les salariés de son projet de cession.
{"title":"","image":"81579»,"legend":"Fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les réassureurs sont appelés à plus de flexibilité lors des prochains renouvellements
Alors que les traditionnels Rendez-Vous de Septembre de la réassurance ont débuté ce week-end dans la principauté monégasque, courtiers et analystes s’attendent à voir la baisse du marché se poursuivre au profit des cédantes. Les négociations devraient être particulièrement centrées sur l’assouplissement des conditions contractuelles. -
Les spécialistes des taux accompagnent le mouvement des banques centrales
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent désormais des hausses de taux dans toutes les grandes banques centrales sauf la Banque d’Angleterre (BoE). Ils tardent cependant à aligner les taux longs sur la tendance en forte hausse de cet été. -
Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
Le Panel Actions anticipe une progression de moins de 2% du CAC 40, de l’Euro Stoxx 50 et du S&P 500 à horizon six mois.
ETF à la Une
Pictet AM débauche un responsable ETF chez J.P. Morgan
- Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
Contenu de nos partenaires
-
Coup de chaud« On prend pas la grosse tête » : Eric Ciotti, l’allié de Marine Le Pen qui veut peser sans déloyauté
Capitalisation, économie, Ukraine… Avec sa ligne, le maire de Nice veut jouer les passeurs entre la droite et le RN. Mais comment peser dans une formation autant sous tension ? -
Corne d'abondanceEpargne : l'offensive des défenseurs du climat pour financer l'adaptation écologique
Comment financer l’adaptation au changement climatique ? La ministre de l'écologie Monique Barbut propose d'utiliser le livret A ; l'association WWF France préférerait l'assurance-vie -
Think againSi la France innovait, sa croissance doublerait
Aux Etats-Unis, l’investissement « numérique », c’est-à-dire dans la recherche dans l’intelligence artificielle, dans les data centers et dans les logiciels et ordinateurs achetés par les clients, a représenté 0,7 point de la croissance en 2025. En France, cet effet d’entraînement de l’investissement numérique n’a été que de 0,1 point selon l’Insee. La croissance française devrait se limiter à 0,7 % cette année, selon les prévisionnistes. En clair, calculez. Si la France mettait autant de capital que l’Amérique dans l’innovation, sa recherche et ses équipements, sa croissance doublerait (0,7 % + 0,7 %).