Michelin se finance à taux négatif avec une convertible en dollars
Michelin n’a pas attendu longtemps pour se lancer sur le marché en 2017. Le premier fabricant mondial de pneumatiques a ouvert hier le segment des obligations convertibles, en plaçant pour 500 millions de dollars de titres non dilutifs. La somme a été immédiatement convertie en euros. Ces obligations arrivent à échéance en 2022 et sont remboursables uniquement en numéraire. Pour couvrir son exposition économique sur la période, Michelin achètera des options d’achat dénouables uniquement en numéraire.
L’opération a suscité une forte demande de la part des fonds en obligations convertibles, toujours à la recherche de nouvelles souches, ce qui a permis d’exercer rapidement la clause d’extension. «Michelin est connu des investisseurs obligataires. Il est noté investment grade (A- chez S&P et A3 chez Moody’s). Enfin, la taille de l’émission va lui permettre de rentrer dans tous les indices d’obligations convertibles», explique Benoit Bout, responsable de l’activité equity linked chez Crédit Agricole CIB, la banque qui a dirigé l’émission avec JPMorgan et la Société Générale comme chefs de file et teneurs de livre associés.
Le groupe français n’avait pas immédiatement besoin de nouvelles ressources financières. Les obligations convertibles qui avaient été émises en 2007 ont été remboursées à maturité début 2017, en numéraire, avec les liquidités disponibles. Avec cette opération, Michelin souhaitait profiter des conditions de marché toujours aussi porteuses sur le segment des convertibles.
Les obligations ne paient pas d’intérêt et ont été émises au pair. En outre, l’usage du dollar, comme l’avait fait Valeo l’an dernier pour son obligation convertible, a permis de profiter de «conditions favorables sur le marché des swaps de changes», ajoute Benoit Bout. Au final, Michelin a levé un financement en euros à un taux négatif, ce que le groupe n’aurait certainement pas obtenu sur le marché obligataire classique. Le prix initial de conversion des obligations fera ressortir une prime d’émission de 28% par rapport au prix de référence qui sera arrêté dans les prochains jours.
L’opération de Michelin confirme la démocratisation des montages non dilutifs, notamment auprès des grands émetteurs qui n’avaient pas l’habitude de s’aventurer sur le segment des convertibles. Total, LVMH, Technip ou bien encore Valeo ont émis ces derniers mois ce type d’obligations dites synthétiques.
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