Le Parlement affirme son autorité sur le Fonds européen d’investissement
Mercredi à Strasbourg, les députés européens ont entendu Jyrki Katainen, venu présenter les premiers résultats du plan d’investissement Juncker lancé il y a un an. L’audition avait valeur de test pour le vice-président de la Commission européenne qui a annoncé la semaine dernière que cette dernière proposerait à l’automne de prolonger le Fonds européen d’investissement stratégique (FEIS) après 2018. Il aura besoin du soutien du Parlement pour obtenir de nouveaux moyens budgétaires s’il veut abonder la garantie publique de 21 milliards gérée par le FEIS, dont 12,8 milliards ont déjà été engagés.
Les critiques sont venues de tous les bords politiques, même si le PPE, majoritaire et dont est membre le président de la Commission Jean-Claude Juncker, s’est montré plus positif. «Le plus important est de savoir quelles sortes de projets on finance, a expliqué le député libéral Pavel Telicka. Or à 90% ils sont très similaires à ceux financés déjà par la Banque européenne d’investissement».
«Il faut dissiper trois doutes : l’additionnalité, la tentation de déconsolider certaines dépenses d’investissement dans les comptes publics (ndlr : en les confiant à la BEI), et le risque de substituer aux opérateurs privés la BEI grâce à sa garantie publique qui est un avantage compétitif», a demandé Jean Arthuis, président de la commission du Budget. « Nous devons accepter de prendre plus de risques. Le AAA de la BEI ne devrait pas être un dogme », a expliqué de son côté le président du groupe socialiste Gianni Pittella. Un comité d’investissemnet placé auprès de la BEI est censé testé cette additionnalité mais la Commission n’a pas produit de rapport à ce jour.
Autre reproche majeur adressé à la Commission et à la BEI : la distribution géographique des projets. L’Europe centrale et du Sud s’estiment lésées, alors que le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie ont été les principaux bénéficiaires. Le social-démocrate allemand Udo Bullmann a ironisé sur un projet de financement d’autoroute dans le très riche Land de Bade-Wurtemberg. «Quelles raisons motivent ce genre de choix ?», s’est-il demandé.
Jirky Katainen, qui sillonne l’Europe depuis des mois, a expliqué que l’implication des autorités locales dans la promotion du FEIS était cruciale. Et d’appeler les députés à faire connaître le fonds dans leur circonscription. «Tous les Etats membres ont les mêmes opportunités», a-t-il dit.
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