Le groupe Canal+ insuffle une culture cash
Le groupe Canal+ vient de publier ses résultats semestriels 2025 et affiche des résultats positifs suite au plan d’optimisation de sa trésorerie. Le groupe de médias a annoncé le 29 juillet des flux nets de trésorerie opérationnels (CFFO) records de 416 millions d’euros et anticipe un CFFO 2025 «au-delà de 500 millions d’euros». Il s’attend à ce que les effets positifs sur la trésorerie de ses autres initiatives se renforcent dès 2026.
«Avant la cotation, notre trésorerie était gérée par Vivendi et Canal+ n’avait pas d'équipe en charge de la trésorerie. Notre indicateur financier clé était l’EBITA et non le cash», explique Amandine Ferré, directrice financière du groupe Canal+ et membre du directoire. Suite à la scission du groupe Vivendi et à l’introduction à la Bourse de Londres en décembre 2024 du groupe Canal+, et dans la perspective du rachat de MultiChoice Group, Canal+ a opéré un tournant stratégique. L’objectif : passer d’une culture du résultat (EBITA) à une culture plus centrée sur le cash.
Réorganisation
La première étape de ce plan stratégique a concerné la réorganisation de la fonction finance. Ainsi, depuis le 1er mars 2025, Amandine Ferré, directrice Finances et RSE du groupe Canal+ et membre du directoire, a la charge de l’ensemble des fonctions financières du groupe et de toutes ses entités qui lui rapportent directement. Si auparavant, chaque directeur financier était rattaché à son directeur général au sein de chaque entité, désormais l’heure est à la centralisation de la fonction.
«Tous les DAF travaillent dans la même direction, ce qui permet d'être très efficaces dans la mise en place de plans d’actions», souligne la directrice financière. Une sorte de plan «coup de poing» sur la génération de cash, fruit de longues discussions entre les différentes parties prenantes et qui est amené à se poursuivre. «Le cash est devenu notre indicateur et sa gestion ne va cesser de s’améliorer», souligne la dirigeante.
Revue de management
Dans la suite de cette réorganisation, le groupe a pleinement mobilisé son management. «Avant, nous étions guidés par le chiffre d’affaires et l’EBITA. Désormais, dans les rémunérations, le cash est à égalité avec l’EBITA», détaille Amandine Ferré. Les équipes opérationnelles se sont très rapidement investies du sujet. Dans chaque négociation, les conditions de paiement et de règlement qui sont relatives au cash sont à présent dans les esprits de tous les financiers, «mais également des opérationnels». «Or, auparavant, c’est un élément qui pouvait être plus facilement concédé dans la négociation», selon la directrice financière.
De même, la question du cash étant dans les esprits, les relances des impayés sont davantage automatisées, les calendriers de paiement optimisés. Tout ceci expliquant en partie les bons résultats de la trésorerie du groupe, en plus d’un plan d’optimisation des coûts.
Ce plan d’optimisation de la trésorerie sera amené à se poursuivre dans les process, notamment suite à la migration récemment effectuée vers SAP S/4HANA. Mais souvent, comme dans tout changement, priorité est donnée à l’humain avant la machine.
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