L’Europe va enfoncer le clou sur les dividendes des banques et assureurs
Les ministres des Finances de l’Union européenne (UE) vont apporter leur soutien aux recommandations de suspensions des dividendes pour les assurances et les banques, lors d’un Conseil des affaires économiques et financières (Ecofin) prévu jeudi, indique un document obtenu par L’Agefi.
Exhortations
«Nous exhortons (‘urge’) les banques qui n’ont pas encore décidé de le faire à s’abstenir de distribuer des dividendes durant cette période et d’utiliser le capital ainsi libéré et les profits disponibles pour étendre les crédits et répondre aux besoins urgents de financement occasionnés par la crise en cours», stipule leur projet de conclusions pour ce qui est des banques.
Cette injonction, vouée à être adoptée par les Vingt-Sept, s’inscrira dans la continuité de la demande très ferme de la Banque centrale européenne (BCE) envers les banques, relayée ensuite par les régulateurs nationaux et l’Autorité bancaire européenne (EBA).
Une pression supplémentaire sur les banques européennes, qui tardent pour certaines à se conformer à ces recommandations. En France, les banques du CAC 40 ont toutes fini par le faire, consentant ainsi à remettre la main sur environ 9 milliards d’euros de dividendes au titre de l’exercice 2019 qu’elles devaient verser en 2020.
«Nous exhortons les compagnies d’assurance à suivre les recommandations de l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) en prenant des mesures temporaires et complètes (‘comprehensive’) pour préserver leurs capitaux, incluant une suspension temporaire de toute distribution discrétionnaire», énonce par ailleurs le document.
La BaFin résiste et agace
Cette suspension des dividendes incluant aussi celle des rachats d’action demandée par l’Eiopa est moins suivie à l’heure actuelle. Ainsi, le régulateur allemand (BaFin) résiste toujours à cette recommandation, préconisant une approche au cas par cas. Les conclusions, adoptées à l’unanimité par les ambassadeurs des Etats membres dont l’Allemand et qui ne devraient pas faire l’objet d’un débat entre les ministres, pourraient sonner le glas de cette démarche. La position de la BaFin agace les assureurs des autres Etats membres qui lui reprochent de créer un déséquilibre prudentiel. Elle est aussi leur meilleur argument pour refuser les mesures recommandées aux niveaux nationaux et européen.
La situation demeure ainsi assez floue en France, où, malgré le coup de semonce de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), les assureurs continuent de faire de la résistance. Axa a ainsi suspendu sa décision jusqu’au 30 juin.
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