Une cyberattaque sur une grande banque américaine fragiliserait tout le système
Alors que les six plus grandes banques américainesont engrangé un résultat net de 120 milliards de dollars en 2019, elle n'échapperont peut-être pas aux risques cyber. Dans un rapport intitulé «Cyberrisque et système financier américain : une analyse pré-mortem», la Réserve fédérale (Fed) de New York a évalué les conséquences d’une cyberattaque sur le système bancaire.
L’institution a d’abord envisagé le cas d’une cyberattaque sur l’une des plus grandes banques américaines. Ainsi, si un établissement venait à «cesser de faire des paiements, alors 6% des institutions épuiseraient leurs réserves en fin de journée» calculent les chercheurs. La forte concentration des paiements entre les institutions ainsi que les déséquilibres de liquidités pourraient affecter près de 40% du système bancaire américain.
En cause, le développement de la digitalisation
Autre scénario envisagé, «une cyberattaque pourrait déclencher une course à la liquidité et entraîner des problèmes de solvabilité. Ces conséquences dramatiques seraient causées par la panique», estime le rapport. Dans ce scénario, les banques américaines pourraient perdre jusqu'à 2,7 fois l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) américain. Par ailleurs, «même une cyberattaque visant des banques ayant moins de 10 milliards de dollars d’actifs porterait atteinte à une partie importante du système».
Les institutions américaines ne sont pas épargnées par le risque cyber. Selon une étude du Boston Consulting Group, ces dernières subissent jusqu'à 300 fois plus de cyberattaques par an que les organisations d’autres secteurs. Par ailleurs, une récente note de Moody’s explique que le développement de la digitalisation dans les banques commerciales et de détail augmenterait leur exposition aux risques cyber.
Face à ces différents scénarios, les banques américaines ont-elles de quoi s’inquiéter ? La Fed de New York, qui s’est basée sur les données du Fedwire Funds Service analysant 5.500 sociétés financières, reconnaît un biais de traitement. Si elle mentionne les flux de paiements entre les banques, elle ne connaît pas, néanmoins, la finalité de ces flux. «Par conséquent, nous ne pouvons pas mesurer l’impact de ces flux sur les clients, les emprunteurs et l'économie réelle». Un sujet sur lequel les chercheurs se pencheront ultérieurement.
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