Le trading a créé la surprise dans les résultats des banques américaines
Morgan Stanley, la dernière des grandes banques américaines à publier ses résultats trimestriels, illustre bien la dynamique générale du secteur. Si le groupe dirigé par James Gorman a publié hier des comptes meilleurs que prévu au deuxième trimestre, c’est essentiellement grâce à sa division de trading. Parmi les cinq principales banques des Etats-Unis, Morgan Stanley est la seule à avoir enregistré une croissance à deux chiffres de son produit net bancaire (PNB) tant dans le fixed income (taux, devises et matières premières) que dans le trading actions, avec des hausses respectives de 12% sur un an, à 1,39 milliard de dollars (1,19 milliard d’euros), et de 15%, à 2,47 milliards. «Il est difficile de trouver un élément à critiquer dans les résultats de Morgan Stanley», observe dans une note Octavio Marenzi, président de la société d’analyses financières Opimas, soulignant «une évolution particulièrement impressionnante dans le trading, surtout par rapport à GoldmanSachs».
Cette dernière avait fait état mardi d’une envolée de 45% de ses revenus dans le fixed income, la division chère à son bientôt ex-patron Lloyd Blankfein, à 1,68 milliard de dollars, mais ceux du trading actions ont stagné d’avril à juin, à 1,89 milliard. Une contre-performance d’autant plus notable que le PNB du courtage sur actions a bondi de 24% chez JPMorgan au deuxième trimestre, à 2 milliards de dollars, de 19% chez Citigroup, à 864 millions et de 17% chez Bank of America, à 1,3 milliard. Sur le front du fixed income, ces trois banques ont en revanche fait moins bien que Goldman Sachs. L’activité a progressé, de 12% chez JPMorgan et de 2% chez Bank of America, et a même reculé de 6% chez Citi.
Les analystes n’en espéraient pas tant, surtout après les propos prudents formulés au printemps par les dirigeants de JPMorgan, Citi et Bank of America, qui tablaient sur une stagnation du PNB du trading au deuxième trimestre, en raison de la faiblesse de la volatilité sur les marchés. Celle-ci a en réalité rebondi en juin, en raison de l’aggravation des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Dans le fixed income, les revenus ont en outre profité de la hausse des taux d’intérêt. A noter, toutefois, que le trading a bénéficié au deuxième trimestre d’une base de comparaison favorable, la période d’avril à juin 2017 ayant été particulièrement morose.
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