La Cour des comptes épingle les salaires des dirigeants de la Banque Postale
Mieux «lier les évolutions des rémunérations des cadres dirigeants aux résultats de l’entreprise». La conclusion du rapport de la Cour des comptes consacré aux émoluments des dirigeants du groupe La Poste, et notamment à la Banque Postale, n’est pas sans rappeler les «handicaps» énoncés par l’institution il y a cinq ans.
Publié ce lundi, le rapport note ainsi que les employés de la banque filiale de l’Etat touchant plus de 150.000 euros ont vu leurs effectifs doubler entre 2009 et 2012, à 48 personnes. Actualisée de la hausse des prix, leur rémunération moyenne a augmenté de 18,1% sur la période. Soit une hausse annualisée de 5,7% par an, qui a atteint 12,5% pour les cadres en poste en 2009 et toujours présents en 2012. Concernant les 25 cadres les mieux payés, dont le salaire initial moyen atteignait 179.360 euros en 2009, le bond s’est élevé à 43,4% (+12,8% en variation annualisée).
Si l’institution concède que la hausse des effectifs les mieux payés, qui atteint 200% à 20 personnes pour les salaires de plus de 200.000 euros, «doit être toutefois considérée dans le contexte de la montée en puissance de La Banque Postale durant la période», la Cour des Comptes demeure néanmoins très critique. «Les évolutions constatées sur cette période, tant pour la maison mère [La Poste] que pour les filiales, tant pour l’ensemble des cadres dirigeants que pour les mieux rémunérés d’entre eux, ne sont guère en phase avec la situation financière du groupe et le contexte économique national», souligne ainsi la Cour des comptes.
Outre l’analyse des montants de rémunérations, la Cour souligne également des lacunes dans la connaissance des rémunérations. A la suite d’une requête concernant les filiales de La Banque Postale (Transactis, Banque Postale Financement, X-Ange, LBP IARD, Titres Cadeaux et Tocqueville Finance), «il est apparu qu’elles étaient parfois ignorées, soit en totalité dans le cas des deux dernières, soit en partie».
La Cour note toutefois des éléments allant «dans le bon sens», notamment au niveau de la maison mère. Outre un ralentissement de la hausse des rémunérations en 2012, la Poste SA a gelé les salaires fixes en 2014. La Cour salue en outre la mise en application à compter du 1er octobre 2012 du plafond de 450.000 euros institué par le décret du 26 juillet 2012, relatif aux rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques.
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