WestLB contrainte d’appeler ses actionnaires à son secours
Le sauvetage de la banque, à hauteur de 2 milliards d’euros, a mobilisé les autorités allemandes dans un pays très touché par la crise du subprime
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Alexandre Garabedian
Après les sauvetages d’IKB et de SachsenLB, celui de WestLB se profile à l’horizon, quoique sous une forme différente. Hier, les actionnaires de la banque publique allemande, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et des caisses d'épargne locales, ont annoncé qu’ils renfloueront l’établissement à hauteur des pertes et provisions subies en 2007. Montant : autour de 2 milliards d’euros.
Il convenait d’agir vite. WestLB qui, outre la crise du subprime, a accusé au premier semestre de l’an dernier un trou de 604 millions d’euros lié à des opérations de courtage non autorisées, s’attend à publier une perte nette de 1 milliard d’euros en 2007. La banque prévoit de surcroît des provisions de 1 milliard environ « à cause de l’état actuel de la valorisation du portefeuille ». Des mauvaises nouvelles qui viendront handicaper un bilan déjà bien fragilisé. Obligée de réintégrer dans ses comptes une structure d’investissement hors bilan, WestLB a vu son ratio de solvabilité Tier one se dégrader de 8,1 % à 6,5 %. Et l’établissement a reconnu la semaine dernière qu’il allait rapatrier dans ses comptes deux autres véhicules de ce type qui pèsent environ 13 milliards d’euros.
Dimanche, la Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier allemand, et la Bundesbank, avaient participé de manière impromptue à une réunion d’urgence des propriétaires de la WestLB. Un signe de plus que l’Allemagne s’affirme en Europe comme le pays le plus touché par la crise de l’immobilier à risque américain. Si les banques privées comme Deutsche Bank ou Commerzbank ont pour l’heure relativement bien tenu le choc, les difficultés des banques publiques montrent toutes les faiblesses d’un secteur bancaire encore éclaté en trois piliers et d’une supervision elle aussi partagée.
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