Les investisseurs snobent le scrutin italien
C’est sans doute l’évènement politique le plus important de l’année en Europe. Ce dimanche, les Italiens se rendront aux urnes pour désigner leurs députés et donc, leur nouveau gouvernement. Le scrutin devrait être marqué par un fort taux d’abstention. Il s’annonce surtout très indécis. Trois camps jouissent d’un soutien à peu près équivalent dans l’opinion : la coalition de centre-droit entre Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et la Ligue du Nord ; le centre-gauche, qui défend le bilan de l’ancien président du Conseil Matteo Renzi ; et enfin, le Mouvement 5 étoiles, classé eurosceptique. Si l’on en croit les derniers sondages arrêtés au 17 février, aucune formation ne devrait sortir clairement vainqueur du scrutin.
L’Italie semble donc promise à l’un de ces marchandages politiques dont elle a le secret afin de former une coalition de gouvernement. Et c’est le revenant Silvio Berlusconi qui se pose aujourd’hui en faiseur de rois. Dans un tel cas de figure, difficile d’imaginer que le pays s’engage sur la voie de profondes réformes. Il en a pourtant besoin. La troisième économie de la zone euro a beau profiter de l’embellie conjoncturelle et du soutien de la Banque centrale européenne, elle n’en cumule pas moins les handicaps. La dette publique dépasse 130% du produit intérieur brut. Avec 1,5 point de croissance l’an dernier, le pays fait toujours moins bien que ses voisins. Même constat sur le front du chômage, qui approche encore 11% de la population active. Quant au secteur bancaire, il demeure en voie d’assainissement.
L’Italie reste donc à la merci d’un retournement de conjoncture, ou, à très court terme, d’une mauvaise surprise aux élections législatives. Le pire des scénarios consisterait en une alliance de partis eurosceptiques. C’est aussi le moins probable, tant les programmes de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 Etoiles diffèrent. Les investisseurs n’y sont d’ailleurs pas du tout préparés. L’écart de taux entre l’Italie et l’Allemagne, un indicateur de risque sur les marchés obligataires, a diminué ces trois derniers mois. Et la Bourse de Milan est l’une des rares d’Europe à progresser depuis le début de l’année.
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