UniCredit choisit de marier Pioneer avec la gestion d’actifs de Santander
Un nouveau géant européen de la gestion d’actifs est en gestation. La banque italienne UniCredit et l’espagnole Santander ont engagé des négociations exclusives en vue d’aboutir à une fusion de leurs filiales de gestion d’actifs. «Nous avons décidé de privilégier un partenaire industriel pour Pioneer afin de créer l’une des quinze premières sociétés de gestion d’actifs en Europe», a expliqué hier à Milan Federico Ghizzoni, l’administrateur délégué d’UniCredit.
«La filiale de Santander (Santander Asset Management, ndlr) s’imbrique parfaitement avec Pioneer à la fois en termes géographiques et d’activités», a-t-il ajouté. A fin juin, Pioneer affichait 186 milliards d’euros d’actifs sous gestion, tandis que Santander Asset Management en revendiquait près de 154 milliards.
Santander a triomphé sur le fil d’offres rivales, mais inférieures, formulées notamment par des acteurs du private equity : un fonds géré par CVC Capital Partners (CVC Credit Partners European Opportunities), ainsi qu’Advent International. Dans la sphère industrielle, Amundi faisait également figure de prétendant possible, la filiale du Crédit Agricole (à 75%) et de la Société Générale (à 25%) ayant lorgné Pioneer il y a quatre ans. Les groupes UniCredit et Santander détiendront chacun un tiers de la nouvelle entité, le solde revenant à Warburg Pincus et General Atlantic. Les deux fonds détiennent depuis fin 2013 la moitié du capital de Santander Asset Management. Ils devraient quitter la nouvelle entité, dénommée Pioneer et basée à Londres, «dans quelques années», permettant d’envisager une introduction en Bourse, a anticipé Federico Ghizzoni.
Selon Bloomberg, l’opération valoriserait Pioneer entre 2 et 3 milliards d’euros. Elle aboutira pour UniCredit, en cas d’issue positive, à une amélioration du ratio minimal de fonds propres durs (CET1) de 20 à 25 points de base. Le ratio CET1 ressortait à 10,58% à fin juin. La première banque italienne est engagée dans un plan de rationalisation de ses activités (cessions d’actifs, réduction des coûts, diminution du risque) qui doit lui permettre de dégager un bénéfice de 2 milliards d’euros cette année. Au premier semestre, le résultat net part du groupe a totalisé 1,11 milliard d’euros, en hausse de 37,8% par rapport à la période comparable de 2013.
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