Une première «bad bank» chinoise trouve preneur en Bourse

L’introduction sur le marché boursier hongkongais de Cinda, la «bad bank» de CCB, doit permettre de lever jusqu’à 1,8 milliard d’euros
Antoine Duroyon
Cinda, la «bad bank» de CCB. Photo: Bloomberg
Cinda, la «bad bank» de CCB. Photo: Bloomberg  - 

Cinda ouvre le bal. Première des quatre structures de défaisance associées aux prêteurs chinois, la «bad bank» s’apprête à rejoindre la Bourse de Hong Kong. Selon Reuters, les quelque 5 milliards de titres devraient être proposés dans une fourchette indicative comprise entre 3 et 3,58 dollars de Hong Kong l’unité, soit l’équivalent d’un ratio cours sur actif net (P/B) de 1,10 à 1,30 pour 2013. En comparaison, les banques chinoises cotées à Hong Kong affichent en moyenne un ratio P/B de 1,20.

L’opération, pilotée par Bank of America Merrill Lynch, Credit Suisse, Goldman Sachs, Morgan Stanley et UBS, devrait permettre à la structure créée dans les années 1990 de lever jusqu’à 1,8 milliard d‘euros.

Les investisseurs ne manquent pas à l’appel, alors que Cinda compte déjà à son capital UBS, Standard Chartered et deux acteurs domestiques. Le hedge fund Och-Ziff Capital, le fonds Oaktree Capital, l’assureur Ping An et le fonds souverain d’Abou Dhabi figurent parmi les investisseurs de base comblés, toutes les demandes n’ayant pas pu être satisfaites. Ces investisseurs sécurisent un certain volume de titres en contrepartie du blocage de leur participation pour une durée déterminée.

Comment expliquer un tel enthousiasme ? Tout d’abord, la société, qui a racheté plusieurs milliards de créances douteuses libellées en renminbi, a réussi à faire le ménage et à se constituer un portefeuille de participations grâce à des accords de conversion de dette, dans l’aluminier Chalco ou dans China Gezhouba Group, le principal maître d’ouvrage du barrage des Trois-Gorges. Selon des données de ChinaScope Financial, citées par le Financial Times, Cinda a dégagé un bénéfice brut de 7,2 milliards de yuans (874 millions d’euros) en 2011 et de 6,4 milliards sur les six premiers mois de 2012.

De plus, une partie de la valeur de la structure réside dans les diverses licences acquises au cours des dernières années qui portent sur une gamme étendue de services financiers (assurance, banque, courtage…). Enfin, un autre élément tient à la hausse attendue des créances douteuses en Chine, ce qui rendra encore plus incontournable un acteur tel que Cinda.

Le président d’ICBC, dont la propre «bad bank» (Huarong) devrait entrer en Bourse en 2014, a publiquement affirmé que les attentes des investisseurs vis-à-vis des prêteurs chinois en matière de créances douteuses étaient nettement trop élevées.

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