Une « initiative de Vienne » pour la dette grecque aurait un effet symbolique
Une restructuration douce de la dette grecque ayant été écartée par la Banque centrale européenne et certains dirigeants politiques, un autre moyen de faire participer les banques au sauvetage du pays a émergé ces derniers jours. Il consisterait à obtenir des banques détenant des obligations d’Etat grecques qu’elles rachètent des nouveaux titres lorsque les précédents arrivent à maturité. L’un des membres du directoire de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi, a évoqué cette option, comme un élément, parmi d’autres, qui permettrait de couvrir les besoins de financement de la Grèce pour 2012 et 2013, soit 60 à 70 milliards d’euros. La première moitié serait apportée par le FMI et les Etats européens, et la seconde serait générée par les privatisations, des émissions à court terme et «le roulement des positions, en particulier par les banques grecques», a-t-il expliqué dans un entretien au Financial Times du 29 mai. Les tombées de la Grèce s’élèvent à 37 milliards d’euros d’ici à août 2012, d’après la recherche taux de SG CIB.
Cette solution, qui s’apparente à l’initiative de Vienne de 2009 pour traiter la crise en Europe centrale, «fait figure de solution technique pour permettre aux dirigeants européens d’affirmer que les banques participent au sauvetage de la Grèce, en contrepartie d’une deuxième ligne d’aide publique», explique Etienne Pourny, président de Stelphia Asset Management. Les banques françaises s’y étaient déjà engagées en mai 2010 lors de l’octroi du premier plan d’aide à Athènes.
Mais sa mise en œuvre s’annonce délicate, pour des effets certainement limités. Comme les porteurs de dette grecque sont non seulement des banques, mais aussi des hedge funds, des compagnies d’assurance et des fonds de pension, il sera difficile de les persuader tous de participer à l’initiative, soulignent les économistes de marché de BNP Paribas. Si les banques grecques sont les seules concernées, comme le propose Lorenzo Bini Smaghi, les bénéfices seraient moindres. Les banques domestiques détiennent 46 milliards d’euros d’obligations d’Etat grecques et les étrangères environ 40 milliards. Surtout, une initiative de Vienne «ne résout pas le problème de l’endettement trop important du pays. Elle réduirait simplement les problèmes de liquidité. Cela revient à déplacer les chaises longues sur le Titanic», concluent les économistes de marché de BNP Paribas.
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