«Une baisse du refi n’aurait que peu d’influence sur le marché monétaire»
L’Agefi : Comment interprétez-vous la récente remontée des taux longs américains ?
Jean-Luc Proutat : Ce mouvement est la confirmation d’une amélioration aux Etats-Unis, observable depuis quelque temps mais que la Réserve fédérale vient de souligner à l’occasion de son récent Comité de l’open market: elle ne fait plus d’allusion au ralentissement mondial, ni au risque de rechute de l’investissement. Celui-ci date du 13 mars, qui marque précisément la remontée des taux longs. L’évocation d’opérations de reverse repo, qui interviendraient à l’occasion d’un éventuel «QE3», a pu également jouer, faisant anticiper un surcroît d’offre sur le compartiment des Treasuries.
L’Agefi: Pourquoi n’anticipez-vous plus une baisse du «refi» mais sa stabilité, à 1%?
Sur le marché monétaire, la référence au taux «refi» n’est plus aussi pertinente depuis que la BCE prête sans limite de montant et à plus longue échéance. La liquidité centrale disponible est abondante, plus encore depuis la baisse du coefficient des réserves obligatoires et le déclenchement des prêts à trois ans (LTRO). La conséquence est que le taux auquel les banques se prêtent au jour le jour (l’Eonia) est aujourd’hui plus proche de celui de la facilité de dépôt (0,25%) que du refi (1%). Une baisse de ce dernier n’aurait donc que peu d’influence sur les conditions du marché monétaire. Si elle n’est plus dans notre scénario central, elle demeure toujours possible eu égard au contexte économique (hausse du chômage en zone euro, recul de l’inflation). Elle pourrait aussi contribuer à maintenir l’euro relativement bas, à un moment où les indices du commerce mondial se redressent.
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