«Un nouveau LTRO n’aura qu’un impact limité en termes de spread»
Gilles Frisch, responsable du high yield, et Dimitri Andraos, responsable de la gestion de taux et crédit chez Swiss Life AM
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Quel serait l’impact d’un nouveau LTRO de la BCE sur le marché du crédit ?
- Dimitri Andraos : Le marché du crédit et en particulier sa composante financière ne sont plus dans la même configuration que lors des premiers LTRO. En deux ans, le secteur bancaire a entrepris d’assainir ses bilans; ses ratios de capital comme sa position de liquidité apparaissent aujourd’hui plus à même de faire face à une hausse des primes de risque. Dans ce contexte, une injection de liquidités n’aura qu’un impact limité en termes de spread sur un marché du crédit qui reste fondamentalement attrayant. Un rythme trop élevé de remontée des taux obligataires pourrait être le prochain écueil à éviter.
- Le high yield est-il pour vous un marché qui restera attractif ?
- Gilles Frisch : Bien qu’il se soit renchéri après la correction de mai-juin, le high yield a confirmé pendant cette période sa résistance à la hausse des taux, ce qui entretient son caractère attrayant au sein de l’univers obligataire. Dans un contexte de taux de défaut qui devraient rester bas dans le futur, les spreads actuels restent en outre globalement attractifs. Tous les compartiments du marché ne revêtent cependant pas le même intérêt. Les dettes de LBO (B et CCC) qui cotent largement au-dessus du pair et risquent d’être remboursées par anticipation, sont à éviter. Les dettes de sociétés cotées (principalement BB ou B+), qui ont moins performé, sont au contraire à privilégier. Enfin, dans une approche «global high yield», le marché américain recèle aujourd’hui moins d’opportunités d’investissement que son homologue européen. Le high yield en sterling présente toujours pour sa part, de nombreuses opportunités de diversification.
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