Un changement de cap économique se confirme outre-Rhin
Les temps changent vite de l’autre côté du Rhin : au lendemain d’un accord salarial dans la métallurgie impensable il y a quelques mois, la Chancelière Merkel a dû ravaler certains de ses dogmes économiques pour s’ouvrir la route de la Chancellerie pour la 4ème fois.
Martin Schulz n’a pas tort de parler de « tournant » pour l’Europe ; c’est bien ainsi que l’annonce de l’accord entre son parti social-démocrate et le tandem CDU-CSU devrait être accueilli sur le continent.
A Paris, la satisfaction sera de mise. D’une part parce que Martin Schulz, sans doute le dirigeant politique allemand le plus proche des thèses françaises, devrait prendre en main les Affaires étrangères.
D’autre part parce que c’est sur le terrain économique que Mme Merkel a dû le plus lâcher du lest : contrairement aux habitudes, son parti de fera pas du puissant ministère des Finances sa chasse gardée.
Olaf Scholz, le maire de Hambourg devrait en hériter, avec pour mandat la mise en route d’un budget d’investissement pour la zone euro ainsi que la fin de l’»austérité forcée».
On ne saurait mieux signifier que l’ère Schaüble et sa volonté revendiquée de restrictions budgétaire est close.
De même, Berlin ne devrait plus faire de l’accumulation d’excédents courants, le plus souvent d’ailleurs au détriment de ses voisins, un objectif essentiel de sa politique économique trop longtemps toléré par la Commission.
Parler de « plan de relance » en Allemagne est sans doute encore prématuré mais l’accent mis sur l’investissement en infrastructures devrait néanmoins y contribuer.
Le soutien à la reprise en zone euro qui se dessine, avec ses conséquences prévisibles sur l’inflation, devrait donner de la marge de manœuvre à la BCE.
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