Un an après son lancement, la «bad bank» espagnole affiche un premier bilan déficitaire
Le problème de la Sareb, c’est qu’elle a recueilli les biens toxiques des banques à des prix trop élevés. Comme les prix de l’immobilier ont chuté, la Sareb a enregistré des pertes», explique Joaquin Maudos, professeur d’économie à l’Institut Valencien de Recherches Economiques (IVIE). Créée en 2012 pour aider le système financier espagnol à se débarasser de ses actifs toxiques, la Sareb a recu des banques espagnoles «200.000 actifs, dont 80% sont constitués par des prêts promoteurs et 20% de biens immobiliers», a précisé la Sareb à L’Agefi. La structure de défaisance espagnole a ainsi accumulé dans son bilan 50 milliards d’euros d’actifs toxiques.
Selon la Sareb, les pertes enregistrées s’expliquent par l’assainissement de son portefeuille de prêts pour une valeur de 259 millions d’euros. Joaquin Maudos souligne que le retard dans son business plan et les provisions qu’elle a dû réaliser ont généré un résultat inférieur aux estimations. La compagnie d’audit KPMG, chargée de réviser le business plan de la structure, avait en effet tablé, selon le quotidien El Economista, sur des pertes nettes de 47 millions d’euros.
La Sareb, qui n’a débuté ses opérations commerciales qu’à partir de juin 2013, a d’un côté, vendu «9.000 biens immobiliers et 2.500 hectares de terrains» et de l’autre conclu «douze opérations de vente en gros de portefeuilles d’immeubles et de prêts à des investisseurs internationaux», précise un communiqué de la Sareb. Pour 2014, la structure de défaisance présidée par Belén Romana, a assuré un rythme supérieur de ventes ainsi qu’une meilleure mise en valeur de ses actifs. Elle prévoit de dégager des revenus de 7 milliards d’euros avant sa dissolution en 2027.
Avec un capital détenu à 45% par le Fonds public de restructuration du secteur bancaire, le Frob et à 55% par des investisseurs privés, la Sareb a 14 ans pour se débarasser des prêts recus et leurs intérets sans provoquer de pertes pour ses partenaires. Manuel Romera, économiste à l’IE Business School, estime qu’il est «parfaitement possible que la Sareb enregistre moins de pertes voire même génère des bénéfices en 2014». «La Sareb a été créée pour gagner de l’argent et être rentable pour les investisseurs», précise-t-il. Cependant la présidente Belén Romana a admis, lors d’une conférence de presse, que la rentabilité promise sera «inférieure aux prévisions».
Plus d'articles du même thème
-
Spirit Airlines a fini par succomber à la hausse du prix du kérosène
L’échec d’un ultime plan de sauvetage proposé par l’administration Trump a entraîné la cessation immédiate et définitive des activités de la compagnie américaine à bas coût. -
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite».
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- Finaltis reprend Kirao AM
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française