Un an après son lancement, la «bad bank» espagnole affiche un premier bilan déficitaire
La Sareb, chargée de liquider les actifs immobiliers toxiques des établissements bancaires, a essuyé une perte de 261 millions d’euros
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Isabelle Birambaux, à Madrid
Le problème de la Sareb, c’est qu’elle a recueilli les biens toxiques des banques à des prix trop élevés. Comme les prix de l’immobilier ont chuté, la Sareb a enregistré des pertes», explique Joaquin Maudos, professeur d’économie à l’Institut Valencien de Recherches Economiques (IVIE). Créée en 2012 pour aider le système financier espagnol à se débarasser de ses actifs toxiques, la Sareb a recu des banques espagnoles «200.000 actifs, dont 80% sont constitués par des prêts promoteurs et 20% de biens immobiliers», a précisé la Sareb à L’Agefi. La structure de défaisance espagnole a ainsi accumulé dans son bilan 50 milliards d’euros d’actifs toxiques.
Selon la Sareb, les pertes enregistrées s’expliquent par l’assainissement de son portefeuille de prêts pour une valeur de 259 millions d’euros. Joaquin Maudos souligne que le retard dans son business plan et les provisions qu’elle a dû réaliser ont généré un résultat inférieur aux estimations. La compagnie d’audit KPMG, chargée de réviser le business plan de la structure, avait en effet tablé, selon le quotidien El Economista, sur des pertes nettes de 47 millions d’euros.
La Sareb, qui n’a débuté ses opérations commerciales qu’à partir de juin 2013, a d’un côté, vendu «9.000 biens immobiliers et 2.500 hectares de terrains» et de l’autre conclu «douze opérations de vente en gros de portefeuilles d’immeubles et de prêts à des investisseurs internationaux», précise un communiqué de la Sareb. Pour 2014, la structure de défaisance présidée par Belén Romana, a assuré un rythme supérieur de ventes ainsi qu’une meilleure mise en valeur de ses actifs. Elle prévoit de dégager des revenus de 7 milliards d’euros avant sa dissolution en 2027.
Avec un capital détenu à 45% par le Fonds public de restructuration du secteur bancaire, le Frob et à 55% par des investisseurs privés, la Sareb a 14 ans pour se débarasser des prêts recus et leurs intérets sans provoquer de pertes pour ses partenaires. Manuel Romera, économiste à l’IE Business School, estime qu’il est «parfaitement possible que la Sareb enregistre moins de pertes voire même génère des bénéfices en 2014». «La Sareb a été créée pour gagner de l’argent et être rentable pour les investisseurs», précise-t-il. Cependant la présidente Belén Romana a admis, lors d’une conférence de presse, que la rentabilité promise sera «inférieure aux prévisions».
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