Un amendement gouvernemental fait des concessions aux «pigeons»
Le gouvernement donne du grain à picorer aux «pigeons», ces entrepreneurs partis en guerre contre une fiscalité jugée dévorante. Il a transmis hier soir aux députés un amendement offrant quelques concessions. «Le gouvernement, conformément à son engagement de favoriser les entreprises qui investissent et créent des emplois, et attentif aux préoccupations exprimées par les entrepreneurs, aménage les conditions d’application et d’entrée en vigueur de l’imposition des plus-values de valeurs mobilières au barème de l’impôt sur le revenu», explique-t-on dans l’exposé sommaire.
Adopté hier par la Commission des Finances de l’Assemblée, le texte sera examiné cet après-midi en séance.
Il entérine le fait que les plus-values sur les cessions d’entreprises réalisées en 2012 ne seront pas soumises l’année prochaine à l’impôt sur le revenu, mais imposables à un taux forfaitaire qui passera de 19% à 24%. A cela s’ajoutent des cotisations sociales de 15,5%. A partir du 1er janvier prochain, les plus-values réalisées seront comptabilisées dans le revenu imposable mais des exemptions et des abattements seront mis en place pour les entrepreneurs qui cèdent leur entreprise après l’avoir eux-mêmes développée.
«Ainsi, ces plus-values resteraient imposées au taux forfaitaire de 19 % sur option, sous réserve de remplir certaines conditions tenant à la durée et au pourcentage de détention des titres, ainsi qu’à l’exercice d’une activité salariée ou dirigeante dans la société dont les titres ont été cédés», précise l’amendement. Plus précisément, le contribuable devra prouver qu’il a été actionnaire de l’entreprise depuis au moins cinq ans, dont deux ans avec plus de 10% du capital, ou y avoir exercé une activité salariée. Si ce n’est pas le cas, les plus-values intégreront le revenu imposable mais avec des abattements en fonction de la durée de détention : 20% entre 2 et 4 ans, 30% entre 4 et 6 ans et 40% au-delà.
Enfin, pour «inciter au réinvestissement des plus-values en fonds propres des entreprises, les conditions d’application du report d’imposition en cas de réinvestissement de la plus-value dans une société seraient assouplies dès 2012 et rendues plus incitatives». A condition de réinvestir au moins 50% de la plus-value dans une société, contre 80% actuellement, les contribuables pourraient bénéficier de ce report, et la part effectivement réinvestie serait exonérée. Pour compenser le manque à gagner lié à cet assouplissement, la contribution exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés sera prolongée de deux ans, permettant de récolter 800 millions d’euros en 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Alan enchaîne les levées de fonds pour nourrir ses ambitions
Trois mois après avoir levé 100 millions d’euros, la licorne française de l’assurance santé en ligne boucle un nouveau tour de table à 480 millions d’euros et fait entrer le fonds néerlandais Prosus et le family office britannique Dara Holdings au capital. -
C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
Après l'introduction en Bourse de SpaceX à New York, le grand public est invité à souscrire à celle du Slip Français à Paris. Pas à celle du groupe de défense franco-allemand KNDS, autrement plus significative pour la souveraineté européenne. Un deux poids deux mesures étonnant. -
HSG et Temasek entrent au capital de Golden Goose pour pousser son développement en Asie
Rejoint par Temasek, le fonds chinois a bouclé l'acquisition d'une participation majoritaire au capital du fabricant de sneakers vénitien. Le cédant Permira conserve un reliquat après cinq ans de détention marqués par un quasi-triplement du chiffre d'affaires. -
EasyJet entrouvre la porte à Castlelake
Le fonds américain voit rejetée sa 4e offre, portée à 4,93 milliards de livres, sur le groupe de transport aérien. Mais il va pouvoir accéder à une partie des comptes. -
Les fonds de pension allemands soutiennent le projet de retraite par capitalisation
L'association allemande des fonds de pension appuie, mais de façon conditionnelle, la commission retraites gouvernementale qui veut généraliser la complémentaire professionnelle pour viser 70 % de remplacement net. -
La confiance des ménages se redresse en juin
L'indicateur synthétique de confiance des ménages est ressorti en France à 84 en juin, contre 82 en mai. En revanche, la remontée du chômage inquiète.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
Contenu de nos partenaires
-
#GlobalBritainAu secours, Andy Burnham arrive ! Les riches décampent à l’île de Man
Avec l’arrivée imminente d’Andy Burnham à Downing Street, les élites londoniennes fuient vers l’île de Man et son paradis fiscal discret mais en plein essor. Pour combien de temps ? -
DémentielDette : l'électrochoc que la Cour des comptes espère provoquer avant la présidentielle
La cour des Comptes publie son rapport de référence sur les finances publiques. « Les messages sont particulièrement alarmants cette année, tous les signaux sont au rouge », a résumé Carine Camby, présidente de chambre -
AgendaAu programme des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence 2026
Des personnalités comme Philippe Aghion, Christine Lagarde, Alexandre Bompard ou Patrick Pouyanné participeront aux discussions programmées à Aix-en-Provence du 2 au 4 juillet 2026. De nombreux événements off sont également proposés. Enfin, comme chaque année, la ville accueillera en parallèle des Rencontres, son Festival d'art lyrique et de belles expositions