Total met l’accent sur les investissements pour 2008
Ils seront portés à 19 milliards de dollars contre 16 milliards l’an passé. Parallèlement, le groupe se veut moins offensif sur les rachats d’actions
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Olivier Decarre
Les réactions aux résultats de Total ont été mitigées. Si le groupe a promis une hausse «significative» de sa production en 2008 et a maintenu l’objectif de croissance moyenne de 4 % jusqu’en 2010, certains ont regretté que le pétrolier ne donne pas de chiffre pour cette année. Même tendance côté réserves. Certes, constate Dresdner, « la durée de vie des réserves prouvées de douze ans reste élevée ». Toutefois, regrette le bureau, « le taux de remplacement a été faible » : 78 % en organique et 23 % en incluant les acquisitions et cessions.
En tout cas pour l’avenir, Total a décidé de mettre l’accent sur le développement de l’activité et partant sur les investissements. De 16 milliards de dollars en 2006, l’enveloppe va passer à 19 milliards cette année. Credit Suisse n’attendait pas plus de 18,5 milliards. Sur ces 3 milliards supplémentaires, les trois quarts seront imputables à l’activité, soit quelque 2,25 milliards : la moitié liée aux coûts et l’autre moitié affectée directement à l’augmentation de la production. Quant aux 750 millions restants, ils s’expliquent par les effets de change.
Des effets qui se sont déjà fait sentir sur l’exercice passé, avec un euro/dollar passé de 1,26 à 1,37. Dans l’aval, la progression des marges de raffinages (+12 %) a ainsi été gommée par la baisse du billet vert. L’impact est également manifeste à l’échelle du groupe avec un opérationnel ajusté des secteurs en baisse de 5 % en euros (23,96 milliards), mais en progression de 4 % (32,83 milliards) une fois converti en dollars. En laissant de côté les effets de change, la comparaison avec les concurrents s’avère donc plutôt flatteuse. CM-CIC avance même que Total « conserve les meilleurs coûts de production et la croissance la plus forte parmi les super majors ».
Reste un autre élément à prendre en compte pour le marché. Avec un environnement changeant et un effort marqué en direction des investissements, la politique actionnariale évolue. Certes, en janvier, Total a encore racheté pour 211 millions d’euros d’actions. Mais par rapport au passé, le pétrolier a décidé de réduire ses programmes. De 2,8 % du capital en 2006, ils sont tombés à 1,4 % en 2007. Et Total n’hésite pas désormais à dire que les rachats d’actions ne sont pas une bonne manière de gérer l’avenir du groupe.
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