Standard & Poor’s paie plus d’un an de bénéfices pour solder les subprimes
La facture du scandale des subprimes continue à enfler. Standard & Poor’s (S&P) a signé mardi un accord avec le département américain de la Justice (DoJ) et 19 Etats américains. L’agence accepte de payer 1,375 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) d’amende pour éviter un procès dans le dossier des prêts immobiliers subprimes aux Etats-Unis, point de départ de la crise financière de 2007. La moitié de la somme sera versée au DoJ, et l’autre à 19 Etats et au district de Columbia.
«Signer l’accord était ce qu’il y avait de mieux pour les intérêts du groupe et ceux de ses actionnaires», précise S&P dans un communiqué. L’agence a signé l’accord sans admettre avoir mal agi ni violé aucune loi. Le montant de la sanction financière équivaut cependant à plus d’un an de bénéfice pour McGraw Hill, la maison mère de S&P, dont le résultat net avant sanctions devait atteindre 964 millions d’euros pour 2014, selon le consensus Bloomberg. La publication des résultats annuels le 12 février sera l’occasion pour le groupe de donner plus d’informations sur l’impact financier de l’accord, précise S&P.
Moody’s, qui a réalisé un bénéfice de 3 milliards d’euros en 2013, reste sous le coup des investigations du DoJ dans ce dossier des subprimes.
La sanction dont écope S&P est plus élevée en proportion que celles qu’avaient reçues certaines banques américaines en 2014. Bank of America a versé l’équivalent de 85% de son bénéfice annuel, et Citigroup l’équivalent de celui du second trimestre. Mardi, S&P a également signé un accord de 125 millions de dollars avec le Californian Public Employees Retirement System (Calpers), le plus gros fonds de pension américain, concernant trois véhicules d’investissement structurés. Fitch a déjà passé un accord dans ce dossier, dans lequel Moody’s est encore sous le coup d’une enquête.
Alors que S&P a soldé le 21 janvier une autre affaire en acceptant de payer 77 millions de dollars, des débats sont en cours aux Etats-Unis pour voir comment réduire les conflits d’intérêts des agences, rémunérées par les acteurs qu’elles notent. La SEC, qui a déjà pris des mesures en août dernier, est en train d’étudier une proposition du sénateur Al Franken qui voudrait qu’un conseil indépendant décide quelle agence note telle ou telle entité.
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