Standard & Poor’s met à mal la crédibilité américaine
Pour la première fois depuis 1941, l’agence a retiré la note AAA à la dette américaine à long terme, tout en conservant une perspective négative
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Patrick Aussannaire
Le répit aura été de courte durée. Quelques heures après avoir été rassurés par des chiffres de l’emploi meilleurs qu’attendu, les investisseurs ont été douchés par l’annonce de Standard & Poor’s de dégrader la note souveraine des Etats-Unis à «AA+». Pour la première fois depuis 1941, l’agence de notation a décidé de ne plus accorder à la dette de la première puissance mondiale la note maximale de «AAA».
Les atermoiements de Washington sur le relèvement du plafond de la dette auront finalement coûté cher. «L’abaissement traduit notre opinion que le plan de consolidation budgétaire que le Congrès et l’administration [Obama] ont récemment approuvé ne répond pas à ce qui, de notre point de vue, serait nécessaire pour stabiliser la dynamique à moyen terme de la dette», explique S&P.
Pire, cette dégradation d’un cran est assortie d’une perspective négative. Le directeur général de l’agence, John Chambers, a estimé qu’il y avait une probabilité d’un tiers que la note soit abaissée une nouvelle fois au cours des 6 à 24 mois prochains. «Si la situation budgétaire se détériore encore aux Etats-Unis ou si les blocages politiques s’accentuent, cela pourrait mener à un abaissement.»
Un des risques serait une dégradation des sociétés américaines tributaires de la signature de l’Etat. Mais le principal risque réside dans la perte de la confiance des investisseurs clés en obligations américaines, tels que la Chine, qui en détient plus de 1.000 milliards de dollars. La part des investisseurs étrangers dans la dette américaine est passé de 1% en 1945 à un record de 46% aujourd’hui, selon une étude de Bank of America. Dans un commentaire, l’agence officielle Chine nouvelle incite les Etats-Unis à mettre bon ordre dans leurs finances publiques.
Les économistes estiment néanmoins que l’impact sur le rendement des obligations d’Etat américaines devrait être limité, alors que le taux 10 ans a chuté à 2,34% vendredi. Pour l’heure, Moody’s et Fitch ont confirmé la notation maximale des Etats-Unis et la Fed a assuré que la dégradation n’entraînerait pas de besoins supplémentaires en capitaux pour les institutions financières qui détiennent de la dette américaine. Enfin, le fait que S&P a maintenu sa note de crédit à court terme sur le pays indique que les fonds monétaires ne devraient être que marginalement impactés.
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