Standard & Poor’s adresse au Japon un signal d’alarme tout relatif
Mi-janvier, le Parti démocrate du Japon (PDJ) reconnaissait son impuissance à assainir les finances publiques. «Nous devons analyser méticuleusement les raisons pour lesquelles nous avons été incapables de dégager des sources de revenus et nous incliner devant le peuple», regrettait alors l’un des représentants du parti au pouvoir, cité par l’Asahi Shimbun.
Les excuses publiques n’ont pas suffi à Standard & Poor’s. Prenant acte du niveau d’endettement public abyssal, qui devrait représenter plus de 200% du PIB (passif à court terme inclus) à fin mars, l’agence de notation a dégradé hier d’un cran, de «AA » à «AA- », la note à long terme du pays.
«L’abaissement s’explique par le fait que nous estimons que les ratios de la dette publique japonaise, parmi les plus importants des pays dont la dette souveraine est notée, vont continuer à augmenter plus que nous ne l’envisagions avant que la récession ne touche le pays et n’atteindront leur pic qu’aux alentours du milieu des années 2020», a justifié S&P.
Le pays se retrouve aujourd’hui pénalisé par plusieurs facteurs, en particulier une déflation persistante et un vieillissement de la population. Les dépenses publiques de sécurité sociale représentent notamment 31% du budget gouvernemental pour 2011, souligne S&P. L’agence ajoute que la configuration politique actuelle, avec un PDJ en minorité au Sénat, plaide difficilement en faveur d’une consolidation budgétaire rapide.
Pour autant, S&P considère que la note «AA-», assortie d’une perspective stable, est sécurisée par la solidité des comptes courants et la souplesse monétaire du Japon. Le pays peut compter sur deux garde-fous : une dette publique détenue à plus de 90% par les résidents et les deuxièmes plus importantes réserves de changes au monde, juste derrière la Chine.
Pour Chris Turner, responsable de la stratégie devises chez ING, «l’abaissement n’est pas une bonne nouvelle pour le yen et s’il y a la moindre volonté de diversification des gérants de réserves au sein de l’Asie, le dollar singapourien pourrait être une alternative modeste». Selon le stratège, il faudrait plutôt regarder du côté de la dette américaine avec des prévisions du CBO (déficit passant de 9,8% en 2011 à 3% en 2015) qu’il juge «fantaisistes».
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