Solvay profite aussi de l’engouement pour les émissions de dette hybride
Les émissions de dette hybride ont le vent en poupe. Selon les données fournies par Dealogic, le volume global de dette hybride émise par les entreprises a atteint un montant de quelque 53,9 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit une progression de 73% par rapport aux 32,6 milliards levés à la même période l’an passé. Ce montant constitue même déjà un niveau record comparé au volume total enregistré sur les années complètes précédentes.
Ce sont les émetteurs européens, portés par KPN, Telecom Italia, Enel ou Telefonica, qui ont tiré le marché avec des volumes de plus de 33,2 milliards, quatre fois supérieurs à ceux réalisés sur l’ensemble de l’année 2012. Hier, c’est Solvay qui testait l’appétit des investisseurs avec une émission de dette non datée contenant une clause de rachat au bout d’une période de 5 ans et demi et de 10 ans, selon Bloomberg qui cite des sources proches. Le groupe belge de chimie compte ainsi tirer parti de l’engouement des investisseurs pour la dette hybride afin de lever 1,2 milliard d’euros, qui seraient destinés à financer l’acquisition du groupe américain Chemlogics réalisée le mois dernier pour un montant de 1,3 milliard de dollars.
Les émetteurs français ont en outre été les plus actifs sur le marché, avec des volumes d’émissions atteignant 13,6 milliards de dollars sur les dix premiers mois de l’année, selon Dealogic. Un montant record dépassant le volume annuel historique réalisé par l’ensemble des pays, et même le précédent record de 11,3 milliards réalisé par les émetteurs américains en 2007. Après EDF, GDF Suez ou Veolia, c’est Casino Guichard qui a levé mi-octobre 750 millions d’euros grâce à une émission notée BB qui possède une première option de remboursement au 31 janvier 2019 et offre un coupon de 4,87% aux investisseurs jusqu'à cette date.
Ce type d’opérations, qui permet notamment aux émetteurs de comptabiliser une partie de leur dette en fonds propres et d’améliorer ainsi leur ratio d’endettement, est utilisé principalement dans le but de consolider leur notation auprès des agences à des rendements attractifs. Selon l’indice «global hybrid corporate» de Bank of America Merrill Lynch, le rendement moyen des obligations combinant obligations et actions a encore baissé de 18 points de base le mois dernier pour tomber à 4,2%, son plus faible niveau depuis trois mois.
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