Sandy devrait avoir un impact limité sur la croissance aux Etats-Unis
Une semaine après le passage meurtrier de Sandy sur la côte Est des Etats-Unis, les économistes refont leurs comptes. L’impact de l’ouragan pour l’économie, sous-estimé dans un premier temps comme souvent dans ce genre de catastrophes naturelles, est revu à la hausse. Le PIB américain devrait pourtant ne s’en ressentir qu’à la marge.
Moody’s évoque ainsi un coût de 50 milliards de dollars. Il se répartit en 30 milliards de dégâts et 20 milliards de perte de production, un gros tiers de cette dernière étant imputable au secteur financier, touché par les deux jours de fermeture de Wall Street. Eqecat, la société spécialisée dans les risques de catastrophes naturelles, a relevé pour sa part dans une fourchette de 30 à 50 milliards son estimation des dommages économiques, pour une ardoise de 10 à 20 milliards à la charge des assureurs, qui pourront absorber le choc.
Sandy devrait donc être l’ouragan le plus cher de l’histoire après Katrina en 2005. Le PIB américain au quatrième trimestre en portera la trace. «Si Sandy a éliminé l’équivalent de 2 jours de PIB, cela représente 30 milliards de dollars, soit un impact de 0,8 point sur la croissance annualisée au quatrième trimestre», soulignent les économistes de Bank of America.
Mais l’effet de rattrapage lié aux efforts de reconstruction pourrait se faire sentir dès ce trimestre. «Au total, nous attendons un impact négatif de 0,2 point sur la croissance du quatrième trimestre, suivie de petits effets positifs les trimestres suivants», poursuit BoA Merrill. Même analyse pour Julia Coronado, l’économiste US de BNP Paribas: «Sandy devrait peser sur le quatrième trimestre et porter le premier trimestre 2013 de 0,25 à 0,5 point». Une chose est sûre, l’ouragan perturbera la lecture des chiffres de croissance aux Etats-Unis dans les trimestres à venir.
Plus que le PIB, Sandy affecte le stock de capital du pays. Même si les assureurs privés en prendront une partie à leur charge, «le gros retombera sur le secteur public, à travers les destructions d’infrastructures et la prise en charge du coût des inondations par le programme fédéral d’assurance», relève Julia Coronado.
Par temps de restriction budgétaire dans les différents Etats touchés par la catastrophe et d’interrogations autour du «fiscal cliff», la question du partage des coûts dus au passage de Sandy devrait pimenter le débat politique outre-Atlantique.
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