S&P risque de dégrader de nombreuses titrisations de pays périphériques
Standard and Poor’s réfléchit à changer sa méthodologie de notation des titrisations, ce qui pourrait conduire à des dégradations des opérations dans les pays périphériques européens et limiter l’utilité de ces dernières en tant qu’outil de refinancement pour les banques.
Le projet de refonte soumis à commentaires jusqu’à la mi-novembre vise plus spécifiquement les titrisations dont la note est supérieure à celle de l’Etat d’origine de l’opération quand celui-ci appartient à l’Union européenne. La réforme, selon les mots de l’agence, «apportera davantage de clarté et de facilités de comparaison».
L’agence explique que même si moins de 1,5% des titrisations européennes ont fait défaut depuis la mi-2007 elle a observé une «corrélation beaucoup plus grande qu’elle ne l’avait anticipé entre la qualité de crédit d’un Etat et la performance du collatéral». Et d’ajouter que la méthode d’analyse de la qualité de crédit ne prend pas assez en compte le niveau de risque extrême (tail risk), associé à certains scénarios de tensions ou défaut pour les Etats. S&P considère par exemple que le risque de sortie de l’euro de la Grèce a été assez élevé.
En conséquence, l’agence propose de ne pas différencier les Etats qui sont dans la zone euro des autres Etats lorsqu’il s’agit d’établir le nombre de crans maximal qui sépare la note de la titrisation de la note de l’Etat où elle a été émise. Le nombre de crans d'écart maximum passerait de six à quatre. L’agence propose aussi de requérir un certain niveau de rehaussement de crédit pour permettre à la note d’une titrisation d’excéder celle d’un pays, ne serait-ce que d’un cran.
La notation d’environ 50 à 60% des RMBS, ABS, CLO de PME espagnoles devrait être affectée, avec une baisse d’en général deux crans. 60 à 70% des RMBS et ABS italiens pourraient subir le même sort. 40% des RMBS et 100% des CLO de PME de la péninsule seraient aussi concernés. Au Portugal, les dégradations pourraient être plus importantes. La note de 60% des RMBS et ABS pourrait être abaissée de un à trois crans, tandis que celle des CLO de PME descendrait de 4 à 5 crans.
«Les tranches dégradées en catégorie spéculative ne pourraient plus être placées en repo à la BCE, sauf si deux autres agences parmi Moody’s, Fitch et DBRS leur attribuent une notation Investment Grade», note Henri de Mont-Serrat chez Natixis.
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