Roche parvient finalement à obtenir le consentement de Ventana
Le laboratoire suisse a relevé à 3,4 milliards de dollars l’offre sur son concurrent américain, dont le conseil soutiendra désormais l’acquisition
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Benoît Menou
Roche a franchi une étape cruciale dans sa quête du contrôle de Ventana Medical Systems. Le groupe bâlois a en effet annoncé hier la modification de son offre d’achat, le relèvement du prix proposé étant venu à bout de l’opposition acharnée du conseil d’administration de la société tant convoitée. Les deux groupes ont signé un accord définitif de rapprochement.
A raison de 89,5 dollars par titre offerts en numéraire aux actionnaires du laboratoire de Tucson, contre 75 dollars précédemment, l’offre valorise la cible à quelque 3,4 milliards de dollars. L’offre actualisée expire le 7 février prochain et sa concrétisation reste soumise à l’obtention d’une majorité du capital de Ventana.
La semaine dernière, Roche avait pour la cinquième fois prolongé l’offre, alors hostile, visant Ventana, repoussant l’échéance jusqu’au 14 mars. Le spécialiste américain des diagnostics avait confirmé que cette offre restait très insuffisante.
Vendredi, l’action Ventana avait clôturé à 85,33 dollars. Le titre a évolué depuis fin juin dernier, période de déclenchement des hostilités, bien au-delà des 75 dollars proposés par Roche, signe d’une attente claire de relèvement. Le prix avancé correspond désormais à une prime de 72 % sur le cours à la veille de la première annonce des visées de Roche.
Mi-novembre, les deux parties avaient déjà signé un accord de confidentialité ouvrant les livres de compte de Ventana à son prétendant, sans qu’une avancée ne soit depuis annoncée. Hier, Roche a indiqué que Christopher Gleeson conserverait son poste de PDG de Ventana, dont le siège sera maintenu dans l’Arizona. Le dirigeant a insisté sur l’analyse approfondie réalisée par Ventana avant de se rallier à la cause de Roche.
Le laboratoire suisse ne compte cependant pas en rester là, et confirme son souhait d’acquisitions complémentaires dans le dynamique secteur des diagnostics. C’est ce qu’a précisé hier le patron de cette activité chez Roche, Severin Schwan, pour qui « Roche continuera à scruter le marché et rechercher les bonnes opportunités ». A ses yeux, l’acquisition n’aura qu’un impact minime sur les marges du groupe, alors qu’il existe certainement des possibilités d’améliorer ces marges dans les diagnostics. Une analyste de Landsbanki Kepler a effectivement confié que le prix payé ne constituait pas une bonne affaire, mais que le synergies possibles étaient conséquentes.
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