Les prix du CO2 dépassent pour la première fois les 60 euros la tonne
Les prix de référence des quotas de carbone européens (EU ETS) ont dépassé lundi matin les 60 euros la tonne pour la première fois depuis le lancement du marché du carbone de l’Union européenne (UE) en 2005. Le contrat EUA Décembre 2021 a même dépassé à un moment les 61 euros/tonne. Cette progression continue depuis décembre (+85%) vient notamment de la volonté de l’UE de réduire de 55% des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030, au lieu de 40% jusqu’à présent. La Commission européenne (CE) a adopté mi-juillet sa feuille de route «Fit for 55» pour atteindre cet objectif de réduction, dans la foulée de la loi européenne sur le climat qui avait fixé cette nouvelle cible plus contraignante en juin.
Parmi ses propositions principales pour renforcer l’action climatique européenne, elle propose un marché européen des échanges de quotas d’émission (EU ETS) plus ambitieux : pour les secteurs actuellement concernés (énergie, industrie, aviation commerciale), l’objectif de réduction des émissions de GES à atteindre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2005 passerait de -43% à -61%. En outre, le secteur maritime serait inclus à partir de 2023. De plus, la CE propose d’actualiser le règlement sur la répartition de l’effort (ESR), qui établit des objectifs nationaux obligatoires d’émissions annuelles de GES pour les secteurs non inclus dans l’EU ETS (environ 60 % des émissions de l’UE) : transport, bâtiment, agriculture et déchets. De nouveaux objectifs d’atténuation sont proposés par la CE : de 30% de réduction des émissions à 40% entre les niveaux de 2005 et 2030. Autre évolution majeure : la CE propose de lancer un marché du CO2 européen distinct pour les secteurs du transport et du bâtiment à partir de 2026, faisant écho à la décision de l’Allemagne de fixer le prix des émissions de GES dans ces deux secteurs à partir de janvier 2021.
Enfin, la Commission souhaite créer un nouveau mécanisme de tarification du carbone aux frontières, afin de réduire les risques de fuite de carbone et d’encourager les producteurs non européens à décarboner leurs activités : les importateurs européens de produits à forte teneur en carbone (fer, acier, aluminium, électricité, ciment, engrais) devraient acheter des certificats carbone correspondant au prix du carbone qu’ils auraient payé si les biens importés avaient été produits dans l’UE. Après une phase de transition de 2023 à 2025, le système serait opérationnel à partir de 2026. Ces propositions vont être étudiées et négociées dans les prochains mois.
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