BlackRock s’apprête à entrer sur le marché des cryptomonnaies
Le bitcoin a franchi, dimanche 27 décembre, le seuil des 28.000 dollars avant de redescendre aux alentours de 26.000 dollars. Si la flambée de la principale cryptomonnaie du marché s’est légèrement atténuée, le bitcoin continue d’«attirer l’attention et l’imagination de nombreuses personnes» selon la formule qu’avait employée Larry Fink, directeur général du gestionnaire d’actifs américain BlackRock, lors d’un forum du think-tank Council of Foreign Relations début décembre. Y compris celle du dirigeant de BlackRock alors même qu’à l’instar de Jamie Dimon chez JPMorgan, Larry Fink a régulièrement affiché son scepticisme vis-à-vis des cryptomonnaies avant de leur trouver finalement du potentiel. «Le bitcoin n’a pas encore fait ses preuves et reste assez petit par rapport aux autres classes d’actifs», disait Larry Fink début décembre tout en reconnaissant que le marché du bitcoin pouvait «possiblement évoluer en marché global». Il soulignait aussi l’impact réel d’une cryptomonnaie telle que le bitcoin sur le dollar américain, rendant ce dernier «moins pertinent» pour les détenteurs de dollars basés hors des Etats-Unis.
Cap sur la blockchain
A en croire l’offre d’emploi postée le 22 décembre sur son site internet, BlackRock compte bien jouer son rôle de plus grand gestionnaire d’actifs au monde pour transformer le bitcoin en marché global. La société de gestion américaine aux 7.800 milliards de dollars d’encours sous gestion s’est mise en quête d’un «vice-president, blockchain lead». Comprenez BlackRock cherche son Monsieur ou sa Madame Blockchain qui rejoindra le bureau new-yorkais de la firme. Plus que le titre, ce sont les missions liées à la fonction qui renseignent sur les plans éventuels de BlackRock sur le segment des cryptomonnaies.
La société de gestion requiert des candidats ayant au moins un an d’expérience dans l’articulation de technologies liées aux fondements de la blockchain. Cela inclut, pour le gestionnaire américain, les fonctions de hachage cryptographique, les mécanismes de consensus des réseaux et la cryptographie à clé publique-privée mais aussi la conception et l’articulation de méthodologies de valorisation pour les crypto-actifs. En outre, BlackRock demande des compétences dans l’évaluation de la théorie du jeu, à la base de la crypto-économie, et la décentralisation des modèles de gouvernance associés à la technologie blockchain.
Les candidats doivent aussi témoigner d’une expérience de quatre ans minimum relative entre autres à la conduite d’analyses d’opportunités d’investissements et de valorisation de modèles d’activités d’entreprises ainsi qu’à l’évaluation des impacts de structures de marché et d’industrie sur les opportunités commerciales et les dynamiques de concurrence. Ce postulat sous-entend que la personne recrutée sera chargée d’analyser la meilleure façon pour BlackRock de se lancer sur le marché des cryptos.
Allocation prudente
Le bitcoin a en tout cas gagné près de 3.000 dollars depuis la publication de l’offre d’emploi de BlackRock, qui n’a eu aucune incidence sur l’augmentation du cours. L’année 2020 a marqué une performance record des cryptomonnaies, relatent Nordine Naam et Emile Esmaili chez Natixis, pour qui «l’intérêt croissant des institutionnels pour les cryptomonnaies pourrait se traduire par leur apparition comme une nouvelle classe d’actifs». Ils recommandent cependant une allocation prudente, soulignant qu’au-delà d’1% d’allocation en capital, la contribution au risque des cryptomonnaies devenait «trop forte pour un allocataire soucieux de son budget de risque». Au-delà d’attirer l’attention et l’imagination des investisseurs, les cryptomonnaies, bitcoin en tête, devront aussi attirer les rendements.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France