Eurazeo vise la neutralité carbone d’ici 2040
Eurazeo passe un cap supplémentaire dans sa politique ESG. La société, qui gère près de 20 milliards d’euros, a annoncé un plan stratégique en la matière baptisé O+ et visant à atteindre au plus tard en 2040 la neutralité carbone et favoriser une économie plus inclusive. «O+ est un signe universel, notre objectif est d’avoir un impact sur le plus grand nombre c’est-à-dire sur l’ensemble de nos sociétés en portefeuille, de nos employés et de nos investisseurs», a expliqué Virginie Morgon, présidente du directoire d’Eurazeo à l’occasion des Grands Prix du Gouvernement d’Entreprise organisés par L’Agefi ce 21 septembre.
Méthode Science Based Targets
Le projet O+ se projette sur 20 ans «mais nous communiquerons tous les ans sur l’ensemble de nos objectifs qui sont très nombreux», a ajouté Virginie Morgon. La société, qui compte 430 entreprises environ dans lesquelles elle a investi dont 300 en equity et 130 en dette privée, se base sur la méthode Science Based Targets «selon nous la plus encadrée, la plus avancée et la plus sérieuse en la matière». «Dans notre industrie, je ne connais pas d’acteurs du private equity ni même d’asset managers qui ont annoncé et pris des objectifs aussi ambitieux», a commenté la dirigeante qui a reconnu que «l’intégralité des sociétés du groupe vont devoir faire de gros efforts», même si 25% du portefeuille est investi dans des sociétés technologiques par définition moins émettrices de carbone.
L’objectif ne prévoit pas l’exclusion complète de secteurs très émetteurs de carbone, une approche jugée «trop facile et pas assez aidante», il sera mesuré en moyenne au niveau du groupe Eurazeo, mais pas par entreprise. La dirigeante estime que beaucoup de travail a déjà été fait avec 250 millions de tonnes d’émissions de CO2 économisées depuis 5 ans par les sociétés en portefeuille. Selon elle, «aucune n’est incompatible avec l’objectif». Elle a ainsi cité l’exemple du fabricant de médicaments Seqens (ex-Novacap) qui a un bilan carbone très négatif. «Nous discutons avec l’entreprise pour investir massivement dans la biomasse», explique-t-elle. Si cette politique «va être coûteuse au démarrage» globalement, la dirigeante fait le pari qu’elle va aussi «générer des clients additionnels et permettre de gagner des appels d’offres par rapport à d’autres sociétés de private equity qui n’auraient pas de tels engagements». «J’ai aussi la conviction qu’à terme, ne rien faire serait plus coûteux», a-t-elle expliqué. Pour témoigner de l’importance de cette stratégie, Sophie Flak, directrice de la RSE et du Digital, a intégré le comité exécutif du groupe.
Renforcer la parité
Au niveau de l’objectif d’inclusion, la dirigeante a indiqué que là aussi, «tout sera mesuré». Elle a regretté que certains objectifs d’Eurazeo n’aient pas été atteints à fin 2019. Celui par exemple de la présence de 40% de femmes dans les conseils d’administration en France. «Cet objectif est plus facile à atteindre dans les sociétés technologiques ou dans les sociétés jeunes, or Eurazeo en France a 200 ans. Nous en sommes seulement à 40% des sociétés en portefeuille qui ont réussi. Mais nous avons atteint cet objectif à 100% avec Eurazeo aux Etats-Unis qui a été créé il y quelques années», a-t-elle expliqué. Le 100% sur la France devrait être atteint dans 4 à 5 ans a-t-elle promis. Un autre objectif du groupe est aussi de fournir une protection sociale à tous dans le monde.
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